Une des principales propriétés des blogs est de permettre à leurs administrateurs de voir combien de personnes ont lu un post.
Après une analyse assez poussée, il apparait que les posts les plus lus sont ceux contenant la mention d'un organe, d'un muscle, d'un accessoire du corps humain, de préférence lié au sexe, à ses problèmes et à ses fantasmes.
Nous pouvons également voir comment les lecteurs ou voyeurs sont arrivés sur un post, c'est ainsi que le post "fille aux bas nylon"contenant une photo de jambes assez sexy a été vu par un grand nombre de personnes qui avait en effet envie de voir une photo de fille avec des bas.
Et oui, on peut passer des heures à rédiger un post très intelligent et grâce auquel on espère apporter une piste de pensée nouvelle à nos lecteurs mais in fine le post sera vu par 5 personnes alors qu'un post contenant le mot zob va faire le même effet qu'une petite mannequin russe dans une boite de nuit tokyoite: tout le monde le reluque.
Ainsi le très beau post "Mes révélations pilaires" a récolté plus de 800 vues. Je ne parle pas même pas du post de MA "Comment je me suis refait une virginité". Notre post champion-two-fingers-in-the-nose avec ses 16 541 vues a le titre le moins raccoleur au monde "Ma vie dans le métro" mais il contient des termes aussi poétiques que glam comme "incontinence masculine", "contrôle de l'éjaculation", "muscler son périnée", "capacité érectile". Bah, c'est finalement l'intérêt d'internet: d'apporter des réponses aux problèmes dont on n'ose pas parler à ses bouletons.
AB
* collègues de boulot. J'ai vécu pendant un an avec un mec très snob qui me regardait avec effroi dès que je disais "collègue". Cela m'a marqué tellement que j'ai du inventé ce mot.
mercredi 3 juin 2015
dimanche 12 avril 2015
Les cartons ou la vie
Avec l’enterrement de mémé et son propre
mariage (ou celui de son ex auquel il a osé vous inviter), le déménagement fait
partie, parait il, des événements les plus traumatisants que l’on puisse vivre.
Jusqu’à présent cette vieille croyance ne me semblait guère crédible. J’ai
tendance à penser que voir ma sœur descendre la Grand Canyon en baskets à
talons ou manger du fromage de chèvre norvégien dans sa version liquide a bien
plus détérioré ma santé mentale que les faits précédemment nommés.
Et pourtant. Et pourtant mes amis, comme on
dit, y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et si je me base sur les dernières semaines que je
viens de traverser, il se pourrait bien que telle une raélienne en train d’attendre
une truelle à la main l’arrivée des extraterrestres, je commence moi aussi à
croire aux théories fumeuses.
Donc, j’ai déménagé. Enfin pas complètement
mais presque, et cette dernière précision suffit à elle seule à démontrer que
même organisé de manière martiale par une control freak comme moi, un
déménagement est une épreuve truffée de pièges tous plus retors les uns que les
autres, un parcours du combattant qui vous fait passer du rire aux larmes en
moins de temps qu’il n’en faut pour recharger votre dévidoir à scotch, en un
mot comme en cent : une tannée.
Top 4 des
grandes leçons apprises lors d’un déménagement
(oui je recommence avec les Top, oui je cède à
la facilité, oui je l’ai déjà fait 3 fois mais ça va, vous êtes gentils vous n’allez
pas m’emmerder avec ça, j’ai des courbatures jusque dans les orteils et une
haine du papier bulle qui frise le delirium tremens alors je fais avec les
moyens du bord. Na)
N°4 – Que
le prochain qui m’achète un « beau livre » meure d’une petite vérole
purulente ou d’une indigestion de chocapic pourris (ce qui revient au même)
Déjà on ne va pas se mentir, à l’origine un
beau livre c’est le cadeau un peu chiant dont tu n’as pas particulièrement envie
et pour lequel il est très difficile de montrer sa déception. Sérieusement à
quoi peut bien servir un beau livre à part à faire joli dans une bibliothèque
et à laisser croire à d’éventuels visiteurs que vous êtes sincèrement passionnée
par les Châteaux de la Loire et leurs jardins ou par les plus beaux vignobles bordelais depuis les airs ? A rien bien évidemment, sans compter que non
seulement vous auriez préféré un gaufrier mais qu’en plus vous allez devoir faire
semblant de vous extasier pendant 25 min sur les soubassements en torchis de
Chenonceau ou sur les étiquettes de Pessac Leognan grand cru bourgeois 1996
(parce qu’en plus de vous pourrir votre Noël avec ce cadeau faussement luxueux,
l’ignoble créature qui vous l’aura offert exigera un passage en revue d’au
moins 24 minutes de tout le bouquin avant que vous ne puissiez poursuivre l’ouverture
de vos autres cadeaux et découvrir si oui ou non on a bien pensé à vous prendre
des places pour Archive au Zénith fin octobre).
Si en plus de cela vous avez eu le malheur de recevoir
un beau livre spécial « minorités ethniques », malheur, le
politiquement correct s’abattra alors sur vous tel une furie vous laissant dans
l’impossibilité d’émettre ne serait-ce qu’un froncement de sourcils ou de
marquer votre étonnement sous peine d’immanquablement passer pour une facho de
la pire espèce. Contentez-vous alors d’un « Les touaregs nains de
Gibraltar au 18ème siècle ? mais quelle bonne idée, je vais le
mettre à côté des plus belles décorations de table à base de pissenlits que tu
m’a offert l’année dernière » et balancez le truc aux toilettes à côté de
vos galets AirWick parfumés au bois de santal. Y aura bien un abruti
(ou un constipé) pour ouvrir un jour « Les plus belles mosaïques à base de
crottin de cheval peintes à la main» et venir vous en parler une fois sont
forfait commis histoire de noyer le poisson après avoir passé 48 minutes dans
vos wawas. « Non je n’ai pas une dysenterie fulgurante suite à l’ingestion
de 7 parts de far aux pruneaux pour le goûter, j’étais juste en train de
feuilleter « Le sanglier sauvage dans la culture jésuite au moyen-âge »,
c’est fou ce que j’ai appris ».
Bon, on est d’accord. Le beau livre est avant
tout une verrue dans la pile de cadeaux que vous vous réjouissez d’ouvrir le 25
décembre au matin. Et pourtant, je vous l’apprends, ces petits salopiauds ont un
autre intérêt, même s’il est moins évident au premier abord: celui de vous faire réviser
vos leçons de géométrie, trigonométrie, et de pousser votre esprit pratique
dans ses limites les plus ultimes lors d'un déménagement. Comprendre : vous rendre absolument zinzin
quand il s’agit de les mettre dans un carton.
Pour commencer, tous ne rentrent pas dans le fameux
format « carton livre », et il faut alors vous cognez de leur trouver
une place dans le carton à vaisselle, ce qui évidemment n’est pas leur place
mais dans lequel vous aviez de toutes façons déjà rangé le porte savon, le vase
carré en verre dans lequel aucun bouquet ne tient, deux blocs de post-it, et toutes
les autres merdouilles qui appartiennent à cette fameuse catégorie « divers »
qui fera votre bonheur au moment de tout ranger dans votre nouvel appart (astuce :
il suffira juste de trouver un placard « divers » dans lequel tout balancer
et le tour est joué).
Et ne vous réjouissez pas trop vite. Car quand ces petites enflures rentrent dans le
fameux carton spécial livre, la partie n’est pas forcément gagnée pour autant.
Certes l’espace d’un instant magique vous avez cru avoir le dessus sur eux,
vous avez ri même devant la facilité de leur rangement et vous vous êtes sentis
forte et prête à relever tous les défis mais force est de constater que votre
victoire n’a été que de courte durée car très vite une question existentielle s’est
imposée : combien j’en mets ? Un seul c’est pas assez, mais il
remplit déjà 40% du carton et pèse le poids d’un âne mort. Deux ça passe
encore, sauf que le carton est quasi rempli et qu’à 1,25€ le carton, ça
commence à faire cher le transport des 100 plus belles plages de Guadeloupe et
des meilleures recettes de grillade au feu de bois des nomades kirghizes. Vous
voilà donc à bourrer l’espace restant avec vos chaussons tête de lapin et la
perruque verte que vous avez porté au nouvel an 1987.
Ou comment créer le
carton le plus déprimant du monde qui finira direct à la cave sans jamais être
déballé.
N°3 – Le
cintre est ton ennemi (si)
Ici je ne vais pas rentrer dans trop de
détails, la blessure est encore trop douloureuse et même après deux semaines j’ai
toujours - un peu - envie de pleurer ou d’arracher les pattes d’un chaton en
passant devant une penderie.
Disons simplement que quiconque aura essayé de
dépendre, puis de ranger scientifiquement 98 cintres dans un sac bleu IKEA de
120 litres avant de tous les mélanger en soulevant le sac, de transbahuter le-dit
sac sur 4 étages, de le charger dans un coffre avant de tous devoir les retrier
afin qu’ils rentrent dans sa nouvelle penderie, a vu l’enfer.
Vous pensez que j’exagère comme d’habitude ?
Que j’en fais trop, qu’un cintre c’est sympa quand même blablabla du coup j’ai
pas besoin d’apprendre à plier mes chemises et que je sais du premier coup d’œil
où est ma veste vert bouteille à épaulettes et patati et patata et bien moi je
vous dis qu’outre le fait que vous avez manifestement des goûts de chiottes en
termes de veste, le cintre a été inventé par l’Antéchrist.
Point barre.
N°2 - La
rapidité avec laquelle tu remettras la main sur un objet dont tu as un besoin
urgent est inversement proportionnelle à son utilité
Déménagement, jour J. Il est 23h30, il y a des
cartons empilés dans tout l’appartement, vous avez à peine de quoi vous
enrouler dans une couverture pour dormir, une pile de tee-shirt faisant office
d’oreillers et vous avez du boire directement au robinet un demi-litre d’eau
pour étancher votre soif par flegme de devoir trouver un verre dans un des
cartons étiqueté « vaisselle » (de toutes façons avec votre bol, vous
allez surement tomber sur « Les plus beaux lampadaires en fer forgé d’Arménie »
sagement rangé à côté de votre collection de boules à neige et une boite de
swiffer spécial cheveux longs), mais ça y est vous êtes chez vous.
Légèrement euphorique, surexcitée par la
nouveauté de votre nouvel appart tellement mieux que l’ancien tout naze vraiment c'est incroyable comment j'ai pu y rester si longtemps, c’est
d’un pas décidé que vous vous dirigez vers la salle de bain pour un petit
brossage de dents indispensable avant de sombrer dans les bras de Morphée
(cette garce).
Tralala, dans 5 min je suis couchée, youpi
youpi voici le dentifrice, merveilleux ne me manque plus que ma brosse à dents,
et tout va bien puisque je suis sure de l’avoir rangée dans ce carton
précieusement intitulé « salle de bain, important » et….. et non
tiens elle n’est pas dedans, bizarre quand même j’étais sure de l’avoir rangée,
elle ne peut pas être loin quand même ?
Et là commence un jeu de piste éreintant auquel
Morphée, les fesses posées sur le seul meuble que vous aurez réussi à installer
(un tabouret pliant) assiste en ricanant. Jeu ô combien cruel et décourageant. A
mesure que vos yeux se remplissent de sable et que votre cerveau réclame de
plus en plus de silence et d’obscurité, votre joie primesautière cède peu à peu
la place à un énervement grandissant. Tiens voilà mes tasses à café génial je
les aurais pour demain matin, là ce sont les bougies chauffe plats, merveilleux
si je veux créer une atmosphère douillette lors de mon premier apéro, mon sac à
déguisement avec ma collection de perruques afro, les plus beaux monastères en
ruine de la Haute Silésie, ma crêpes-party, un saladier en plastique, le sac
de pinces à linges, une boite à cirage, mes tongs, un cendrier, la télécommande
de ma wii-fit que je n’ai pas utilisée depuis 7 mois, deux rouleaux de
sopalins, 50 ans de construction en béton dans le Cotentin, mes maillots de
bain, un miroir grossissant, ma boite à coutu.. putain mais où est cette
CONNASSE DE BROSSE A DENTSSSSSSSS ?!
Quand vous aurez passé 1h20 à retourner votre 2
pièces (autant vous dire que Morphée sera partie se coucher depuis longtemps),
vous remettrez sans doute la main dessus au détour d’un sac de voyage spécialement
organisé pour contenir vos affaires les plus importantes (passeport, pilule, porte feuille et indispensable trousse de toilettes dans laquelle trône en
bonne place cette foutue brosse à dents ).
Vous aurez alors tout loisir de vous effondrer
dans votre plaid en pilou tandis que du haut de votre pile de cartons, votre
sac à perruques multicolores continuera à vous narguer.
N°1 – L’espèce
humaine est en passe de disparaître dans un avenir très proche, la faute au Bon
Coin
Ultime leçon de vie, issue ma nouvelle,
surprenante, souvent décevante, et rarement utile expérimentation du Bon Coin.
C’est simple, si l’on considère que les
utilisateurs du Bon Coin sont à peu près représentatifs de la population française,
mon expérience récente démontre alors que l’on est en droit de considérer que 5% de
nos compatriotes sont des gens à peu près normaux, 10% ne sont pas complètement
familier avec les notions de politesse de base de type : bonjour, merci,
au-revoir, 15% tentent par tous les moyens de marchander « votre canapé à
100 euros je le prends à 6 euros. Non ?
bon bah 6 euros cinquante alors », 25% n’en n’ont strictement rien à foutre
de vos propres contraintes, bloquent une vente en vous promettant juré craché d’être
là à l’heure, puis vous plantent au dernier moment parce qu’en y réfléchissant
bien ils ne savent finalement pas comment faire pour descendre une gazinière
tout seul depuis le 4ème étage. Reste 45% de la population
bonnecoinesque qui de l’avis général et après enquête minutieuse, est
constituée de parfaits connards qui cumulent simultanément les tares des trois
dernières catégories mentionnées.
Avec ça si vous croyez qu’on survivra à l’impact
d’une météorite (ou à la sortie du prochain album de Florent Pagny) moi je dis :
macache, on va tous crever.
samedi 7 mars 2015
AB - Comment demander à quelqu'un qu'il arrête de vous offrir des cadeaux ou comment trouver à boire et à manger sur le net
Ok, le titre peut faire assez pétasse car c’est toujours agréable de recevoir un cadeau et de voir que l’on pense à
vous. Cependant lorsque je reçois un
cadeau choisi avec soin et bien emballé d’une personne qui n’est pas un proche
et qui ne le sera jamais, cela me gêne. Comme je ne veux pas encourager cette
personne dans ses travers, je tiens à lui faire savoir mais son geste partant
d’une délicate attention, il m'incombe de trouver les mots justes… Lorsque je
suis dans une impasse, je google mon probème en espérant que d'autres y aient déjà réfléchi.
Et là je m’aperçois que googler
n’importe quoi (en l'occurrence « comment demander à quelqu'un qu'il
arrête de vous offrir des cadeaux ») peut donner des résultats très
étranges car sans lien avec le problème initial: comment arrêter de boire ? comment arrêter de fumer?
Mais je suis tombée sur ce site assez tape à l'œil et distrayant, très
prolifique en conseils de séduction aux mecs hétéros:
J'ai été étonnée de voir que les conseils sont les mêmes
que ceux donnés par bons nombres de sites / livres pour femmes:
- · ne pas faire de la rencontre avec l'autre/ de l'autre son unique motivation ans la vie,
- · ne pas être trop gentil (mais c'est bien d'être gentil avec ses amis),
- · ne pas être trop disponible,
- · ne pas offrir de cadeau (d'où le fait que je suis tombée sur ce site),
- · ne pas dire je t'aime au bout de 2 RDV.
En résumé, l’homme est une pouf comme les autres.
AB
dimanche 18 janvier 2015
Super Michel fait du contrôle de gestion
Un autre post issu d'un mail de Clavicule Méditative : j'étais au boulot quand je l'ai lu, j'ai tellement ris que j'ai cru que je n'allais pas m'en remettre !
Je plante le décors : réunion interne pour préparer le prochain contrôle fiscal d'une entité Corporate.
Participants: moi même, deux autres fiscalistes et 1 contrôleur de gestion en charge du controling des flux de services intragroupes de cette entité Corp. Au hasard nous appellerons ce contrôleur Michel.
Michel a 40 ans dont une bonne dizaine d'années passées chez Corpocouilles, Michel a de l'expérience, Michel n'est pas un perdreau de l'année.
Hier 17h, mon Michel vient pour nous présenter les chiffres relatifs aux services intragroupes de Corpocouilles. Dernière précision : la réunion est prévue depuis .. 15 jours, largement de quoi bricoler un petit tableau mon mimi
C'est parti!
Michel "Bon ben j'ai essayé de vous faire un tableau récapitulatif"
"Super"
Et le voilà qui sort 1 feuille A3 (ça tombe bien on est 4 autour de la table, et j'adore les torticolis).
Michel "Alors la dans les colonnes c'est le nom des différents services rendus, enfin j'en n'ai mis que quelques uns... parce que je les connais pas tous ... et puis ça a du changer depuis 2 ans"
Les fiscalistes "donc ceux que vous ne connaissez pas c'est dans la colonne "Autres"?"
"Oui"
Les fiscalistes "Euh, la colonne "Autres" fait quand même plus de 60% du total, on ne peut pas avoir un détail plus complet?"
Michel "ah bon c'est ça que vous voulez?"
"Ben l'inspecteur va le demander"
"Ah oui?"
"Ben oui"
"Ben effectivement ça vous faites bien de me le dire parce que ça va demander du travail en plus"
"C'est un contrôle fiscal vous savez"
"Oui oui mais bon s'ils commencent à farfouiller partout on est mal!" dit Michel en rigolant
Y a pas de quoi rire mon Michel, y a pas de quoi..
La revue du tableau se poursuit quelques instants, tout le monde essaye de s'y retrouver, il y a du bleu, du rouge, des colonnes surlignées, des notes de bas de page partout, plus des commentaires faits à la main.
C'est tout simplement un chef d'oeuvre, Jackson Pollock sort de ce corps
Michel (qui tente de reprendre la main) "Alors en fait j'ai mis ce que je savais" (bien) "mais je sais pas vraiment tout" (pas bien) "vous savez ça fait 3 ans quand même" (oui mais c'est quand même un peu ton boulot mon Michel).
"Bon là, par exemple en vert c'est quand je sais que le chiffre est bon et en rouge quand je sais pas s'il est bon" (sic)
Moi "Euh d'accord mais les cases ni vertes ni rouges qu'est ce qu'elles veulent dire alors?"
Michel "Non mais attendez ça c'est parce que j'ai pas eu le temps de finir le tableau! Moi j'ai fait ce que j'ai pu mais j'ai pas toutes les infos"
Moi "Ok mais on peut partir du principe au moins que le montant total tout en bas à la fin est le bon montant facturé?"
"Quel montant?"
"La dernière case de la dernière colonne intitulée TOTAL"
"Ah le 105 215 K? oui ça doit être ça"
(au secours)
"Mais vous n'en êtes pas sûr?"
"Ben faut que je vérifie si tout colle parce que j'ai pas vraiment eu le temps de vérifier toutes les formules non plus"
Je précise que tout ceci est absolument véridique
On reprend les échanges.
Une autre fiscaliste "ok donc là par exemple on voit que l'on a facturé 12M à l'Allemagne, la case est verte donc c'est bon?"
Michel "12M à l'Allemagne ça m'étonnerait, ça fait beaucoup non?"
Comment veux tu qu'on le sache Michel ? on ne sait même pas de quels services on parle.
Moi "mais la case est verte pourtant, donc vous avez vérifié ce chiffre?"
Michel "euh oui surement"
Moi :" Bon on revérifiera après ce n'est pas grave mais juste une question le montant indiqué est bien en K euros et pas en millions ? Parce que la colonne est en millions mais ça doit être des K euros sinon ca veut dire qu'on a facturé 12 Milliards d'euros de frais à l'Allemagne" (on est pas petits joueurs chez Corpocouilles mais, quand même, y a des limites)
Michel "Ah oui c'est vrai c'est des K euros. Attendez, j'ai oublié de vous dire que parfois à l'intérieur j'ai mis des K euros et parfois des millions, bon faudra juste que je vérifie. Je vous donne aujourd'hui le tableau comme ça... mais c'était surtout pour vous donner un aperçu "
(de l'étendue de tes talents ?)
Moi "Ok et là que signifient les notes de bas de page sur les taux de change ? On a bien pris une référence de date unique pour toutes les conversions ?"
Michel "Ah non ben en fait effectivement faut aussi que je vous dise qu'il y a des montants en euros et d'autres en monnaie locale"
Une fiscaliste "donc dans le tableau il y a aussi des montants en $ et autres?"
"C'est ça. Faudrait que je vous le refasse ce tableau quand même" ajoute mon Michel d'un air songeur
A ce stade là, je me suis demandée si je n'allais pas mettre mon téléphone en mode dictaphone pour conserver une trace ad vitaem eternaem de cette réunion absolument magique.
Ca repart.
Un fiscaliste "ok donc en plus de ça, ce qu'il nous faudrait maintenant c'est la liste des sociétés du groupe avec leur chiffre d'affaire respectif'
Michel "mais je vous l'ai déjà donnée"
La fiscaliste "Oui sauf qu'il y a "#NOM?" dans toutes les cellules de la colonne "chiffre d'affaires". je pense qu'il y a une erreur de formule"
"Ah bon?"
"oui Michel, il faut que tu fasses un copier-coller valeur, sinon on ne verra pas les chiffres"
Michel " Ok pas de pb. Mais alors du coup ça veut dire que je dois vous refaire le tableau?"
"Non, pas la peine, juste un copier-coller valeur pour que l'on voit le montant de CA "
"Ok mais du coup vous voulez juste une colonne avec les CA ou vous voulez aussi le nom de la société en face?"
Et là j'ai ris
C'était pas sympa mais c'était plus fort que moi. Sérieusement je ne m'étais pas autant amusée à une réunion depuis une éternité.
Fort heureusement il ne l'a pas mal pris et j'ai réussi à reprendre mon sérieux juste après.
Michel, mon Michel j'ai envie de te mettre sous cloche, il faut te conserver dans un musée.
Voilà. Nous devrions recevoir une nouvelle version du tableau en fin de semaine, je m'en délecte d'avance et je ne manquerais pas de vous tenir informés de la suite des aventures de Michel.
Si l'un de vous cherche un poste en contrôle de gestion, je peux toujours demander à Michel s'il recrute dans son équipe...
mardi 13 janvier 2015
Gros Roger est brésilien ....
... Et le fantasme s'arrête là (sauf si on aime les petits barbus qui oublient de tirer la chasse d'eau).
Bon même si cette dernière anecdote à base d'urine est véridique je dois reconnaître que Gros Roger (Fernando de son petit nom, non je ne lui chante pas encore ABBA mais ça me démange), Gros Roger donc est plutôt sympa.
Sauf quand il s'agit de laisser ses toilettes propres et de dormir sans ronfler car mon Gros Roger est doté d'un système de sonar hautement perfectionné destiné à détecter les mines sous marines potentielles ou une attaque nucléaire nord coréenne je ne vois pas d'autres explications au bruit de tondeuse à gazon qui sort de son appendice nasal à partir de 22h.
Fernando, tu m'auras bien fait rire, tu as donc droit à ta chanson (et qui va l'avoir dans la tête toute la journée ? C'est vous !)
Fernando, tu m'auras bien fait rire, tu as donc droit à ta chanson (et qui va l'avoir dans la tête toute la journée ? C'est vous !)
lundi 12 janvier 2015
Gros Roger, le "male diver"
Comme j'ai un peu plombé l'ambiance hier soir, je me suis dit qu'il fallait que je me rattrape, que je n'étais pas la seule à avoir besoin de rire. C'est une bonne occas pour publier un épisode inédit issu d'une série de mails envoyés par Clavicule Méditative, qu'elle m'a autorisé à publier. Pour la petite histoire, nous venions de nous rencontrer quelques semaines auparavant et c'est en lisant ces mails que je me suis dit qu'il fallait absolument la recruter pour le blog, tellement j'ai ri.
Je me suis inscrite pour une croisière plongée d'une semaine aux Maldives (oui bon, il y a pire comme expérience). Petit détail lorsque je me suis inscrite, la nana de l'agence me dit "oui oui bien sûr pas de problème, il y a de la place, enfin plus exactement il en reste une et plus exactement il faudrait que vous partagiez votre cabine avec un "male diver".
Ah bon.
Après 2/3 jours de réflexion au cours desquels je suis passée par la phase "je vais tomber sur un serial killer / un gros chinois qui crache / un dégoutant qui pue" puis par la phase "ouais mais je suis jeune et wild, moi aussi je suis capable de faire des choses trop délires dans my life et non je n'ai pas un balai dans le cul", je me suis résignée à écouter mon côté foufou (non, je n'ai pas dit foufoune).
Donc j'ai dit ok pour partager ma cabine avec Gros Roger.
Je sais, dit comme ca c'est drôle mais pour être franche, je suis quasi-certaine que je vais le regretter.
Même ma mère qui en général est très très optimiste m'a dit "ehhhh bien... bon ben ma chérie en tous cas t'auras des choses à raconter quand tu reviendras"
Bref, quoi qu'il en soit, nous verrons bien j'ai décidé d'être relax, bien dans ma tête et dans ma combi.
Male-Diver-Gros-Roger me voilà.
dimanche 11 janvier 2015
Et si en plus, il n'y a personne ...
Ce soir, après tant de morts, de violence et de manifestants, j'ai besoin d'écrire, mais quoi ?
Après déjà 4 jours de discussions intenses, en fait je ne sais pas faire une analyse de la situation, du pourquoi, du "et maintenant". L'émotion qui m'étreint est trop forte. J'ai passé des heures sur twitter à lire des infos, mobilisations, blagues, polémiques, récupération, des "je suis Charlie".
Et j'ai pleuré, j'ai chialé.
Je ne sais pas si je suis Charlie. Je sais que je suis triste, je suis horrifiée, je suis effrayée, je suis dévastée.
Je suis passée 2 fois ce WE devant les locaux de Charlie Hebdo et j'ai eu les entrailles retournées par des ondes de violence, de tristesse, moi qui ait toujours eu tellement peur des armes à feu, comment imaginer ces Hommes assassinés froidement parce qu'ils dessinaient, ici à Paris (oui l'âme humaine est plus touchée par ce qui est proche d'elle, géographiquement ou autre ... c'est moche mais c'est ainsi), comment imaginer que l'histoire puisse se répéter 60 ans après, avec les mêmes haines qui rejaillissent, comment imaginer la douleur de leurs proches, comment imaginer que loin de gagner du terrain la paix est en danger.
La manifestation d'aujourd'hui me réchauffe le coeur, parce qu'il y avait de la vie, du beau, de la démocratie, mais je n'arrive pas à m'en réjouir, je n'ai jamais réussi à admettre que la fin puisse justifier les moyens.
Mes amis, ce soir, j'ai mal, j'ai peur, j'ai besoin d'amour.
Je vous aime.
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