mardi 6 janvier 2015

AB - Quand mon identité sociale me lâche

Récapitulons. Il y a deux semaines ma carte bleue a été volée et je suis partie 10 jours à l’étranger avant d’avoir reçu la nouvelle. Entre les deux, je me suis aperçue que le chèque était devenu totalement non grata chez les commerçants, j’ai simplement réussi à payer mon plein d’essence de scooter (9 euros) par chèque. A peine arrivée à l’étranger, mon portable me lâche et je perds donc accès à whatsapp et viber qui sont mes liens avec mes amis de l’étranger. Mon téléphone fixe qui est mon lien avec ma famille est en panne depuis 3 semaines et je n’ai pas encore trouvé le temps d’aller en acheter un nouveau. Hier, j’ai appris que j’avais une contravention pour une infraction que je n’avais pas commise (une assez sombre histoire) et que j’allais perdre pas mal de points sur mon permis de conduire et j'ai eu des frissons d'angoisse à l'idée que cela pourrait être bientôt fini de ma liberté de circuler à Paris en scooter*.

Mais je me fiche pas mal de tout cela, on enjambe facilement ces mini embûches, c’est juste du temps en moins pour faire des choses plus intéressantes et c’est tellement agréable de ne plus avoir de portable pendant quelques jours - j'ai eu des frissons de plaisir grâce à cette liberté retrouvée- et ma famille est débrouillarde et arrive toujours à me joindre (la sonnette de ma porte fonctionne encore).
Et puis lorsque mon portable déraille, je ressors de derrière les fagots mon Nokia que j’avais dans le Désert et qui reste à mes yeux le plus joli et agréable des portables que je n’ai jamais eu : un joyau noir qui tient dans le paume de la main et qui a ses touches en romanji et en lettres arabes. Avec lui, je me rappelle de petites choses de ma vie de là-bas ; en effet j’ai une photo d’une boite de caviar en fond d’écran et j’essayais de me souvenir quel diner caviar c’était lorsque j’ai pris cette photo (depuis mon retour en France, 0 diner caviar, quel déclassement!) et en écrivant mes sms, je retrouve de vieux sms de mon rital qui savait si bien parler aux femmes.



AB


*Je tiens à rappeler que ce n’est pas rien car dans un post précédent, j’avais écrit que mon scooter et mon lit étaient les deux trucs qui ne me décevaient jamais.

dimanche 4 janvier 2015

Adopte un mec spécial Nouvel An -  Conseils en vrac Chapitre 2


Bonjour à vous mes petits chamallows verts et pour commencer la bien bonne année.
J’espère que mes premiers conseils en ce qui concerne vos photos de profil ont été bénéfiques et que depuis les demandes de mises en contact pleuvent comme des grains de riz sur le parvis d’une église par un beau samedi matin ensoleillé (je commence avec un peu de douceur, profitez en ça va pas durer). Cette délicieuse mise en jambe ayant, je le souhaite, mis vos esprits dans un état de béatitude constructif, il est temps de nous pencher sur la prochaine question : que mettre sur son profil pour que les cailles accourent aussi vite qu’un car de mémés à un concert de Franck Adamo ?
Avant de commencer, autant vous prévenir : vous noterez peut être un changement de ton dans les lignes qui suivront. Depuis notre dernière entrevue j’ai en effet expérimenté quelques mises en contact qui allaient de l’annihilation instantanée de toute velléité de me reproduire un jour, à la haine du genre humain et plus particulièrement de ses représentants porteur de chromosome Y. Ce qui explique que mon degré de patience soit malheureusement en très nette chute ces derniers temps. C’est ca où le trop plein de raclette, le maintien de Zemmour sur Paris Première, la perspective de reprendre le RER A demain matin ou plus généralement ma foi en la race humaine qui périclite.  
Bien. Je me concentre.

Donc reprenez vos stylos ré- ouvrez vos cahiers, aujourd’hui nous passons au second chapitre : 
«La fiche de profil – Comment chopper »
 
Commençons par le plus évident : remplir sa fiche de profil sur un site de rencontre est encore plus compliqué que de répondre à un questionnaire d’embauche à la NASA. Nous sommes d’accord.

Se décrire est un exercice extrêmement périlleux, et malgré les pistes plus ou moins inspirées que l’on vous proposera (pseudo, couleur des cheveux, 6 choses sans lesquelles vous ne pouvez pas vivre, position préférée, fréquence hebdomadaire des cacas etc.) le risque de la page blanche existe bel et bien. Notez également que vous n’êtes pas non plus à l’abri de tomber dans le narcissisme le plus basique (« Je suis né dans le 78, j’ai un prénom composé, j’ai encore 75% de mes cheveux et je viens de m’acheter un Touran») ou l’autodépréciation totalement suicidaire (« désolé je ne sais pas trop comment me décrire.. attendez… des fois j’aime bien aller à la piscine..  euh ah oui et aussi manger des endives au jambon. Ouais ok je sais c’est nul, d’ailleurs mon ex m’appelait gros naze et c’est pour ca sans doute qu’elle m’a quitté, laissez tomber c’est pas la peine de m’écrire»). Se décrire est un exercice d’autant plus difficile qu’il est bien sur impossible de remplir une fiche qui plaise à tout le monde (comprendre : à un maximum de cailles susceptibles de succomber à votre charme irrésistible) alors que le but c’est quand même ca (chopper un maximum de bichettes).

Hélas, trois fois hélas, je ne vais pas vous mentir mes pauvres petits lapins angora, je n’ai aucun conseil génial, règle absolue, ou concept novateur qui vous permettrait de scorer à chaque fois quelle que soit la belette que vous souhaiteriez attirer dans vos filets.  Que vous décidiez de la jouer mystérieux (« je sens que c’est toi, je t’attends ») qui vous donne l’impression bien agréable d’être aussi chaud que Ryan Gosling (et qui soyons honnête vous offre surtout l’avantage de ne pas trop vous casser la tête) ou au contraire que vous optiez pour en écrire des tartines (« Je m’appelle Martin, j’ai 41 ans, sans enfant, et j’aime Larusso que j’ai vu 3 fois en concert, une fois le 14 mars 1986 au Zénith, une autre fois le 21 juin 1993 au New Morning et enfin le 17 décembre 2012 au Palais des Sports en première partie de Kyo. Quand j’étais petit, j’allais en vacances à Royan, d’ailleurs si on se rencontre promis on se fera une mouclade, et si tu as froid je te prêterais mon coupe-vent préféré que j’ai acheté un jour à Brest où habite ma grand-mère. Ma grand-mère par ailleurs qui a été sacrée championne interrégionale de bingo Finistère nord-Finistère sud de septembre 2004 à juin 2005. C’est d’autant plus incroyable que le bingo est un jeu qui n’est pas breton, mais qui a été créé en Papouasie-Nouvelle Guinée en janvier 1632 par un prêtre polygame du nom de Charles-Etienne, ce qui me fait penser que j’ai récemment visité la Haute Loire et … »), honnêtement libre à vous.
Vous pouvez aussi opter pour le second degré (« Je m’appelle Gérard, j’aime regarder Automoto et chanter l’intégrale de Patrick Sébastien »), toujours bienvenu surtout s’il est accompagné d’une petite touche de délicatesse (« et sinon tu es absolument ravissante, je serai ravi d’aller boire des Pims avec toi»). Vous pouvez également vous lancer dans la poésie, les références artistiques pointues, une description éblouissante de votre passion pour la cuisine indienne, le banjo, ou le trek en milieu hostile, allez-y, plus vous parlerez de quelque chose qui vous plait, plus vous serez disert et sincère (une excellente combinaison).
En revanche il y a UN truc qu’il ne faut surtout pas faire sous peine d’encourir un risque très fort d’humiliation en public de type, la fille avec qui vous avez rendez-vous ri et tourne les talons en vous voyant / ri et vous insulte. Un truc qui avant tout, et surtout, vous fera passer pour un gros connard que vous ne l’aurez pas volé si vous voulez mon avis et vous le voulez, et ce truc mes pamplemousses en poils c’est mentir.

En gras, en rouge, souligné 3 fois dans vos cahiers de texte :
« Chose qu’il est absolument interdit de faire sur son profil : MENTIR (putain) »

Je sais. Tel le Dr House vous pensez que tout le monde ment. Donc c’est comme pisser dans l’eau de la piscine ou péter sur votre siège d’avion tout en souriant à votre voisin, pourquoi se priver si tout le monde le fait?
Bon, pour commencer vous me permettrez de vous signaler que partir du principe que puisque les tous autres sont des gorets, y a pas de raison de vous gêner est assez discutable. Maman ne vous a-t-elle pas suffisamment seriné « et si ton copain sautait par la fenêtre tu l’imiterais, non bon ben alors tu vois » ? Si, bon alors vous voyez.
Maintenant je vous vois venir, vous allez rétorquer que quand on rencontre quelqu’un, on ment toujours un peu, on enjolive un CV amoureux pas très reluisant, on prend des allures mondaines et on ne raconte que ses voyages en première. En première, merci bien Francis Cabrel est passé par là et je ne suis pas tombée de la dernière pluie. Il y a bien sûr  mentir et mentir.
Un exemple ?
Prétendre que « j’ai une vie équilibrée, je mange 5 légumes par jour » alors que cela ne vous dérange pas de rajouter une louchée de frites à l’assiette de paella qu’on vous a servi au self  => petit mensonge tralala c’est tout mignon
En revanche, écrire « je suis célibataire » alors que votre copine n’est pas au courant et qu’elle vous a laissé il y a pas 7 minutes pour faire les boutiques afin de vous un acheter Iphone6 => GROS MENSONGE ESPECE DE SAC A VOMI
Vous avez saisi l’astuce ? Bon, je vais aider à faire le tri (vous allez voir c’est très facile à retenir).

Top 4 des mensonges que vous êtes juste une outre à fientes si vous les utilisez pour chopper

N°4 - Niveau « je lève les yeux au ciel et je souffle bien fort d’énervement» : Mentir sur l’endroit où vous habitez.
Incroyable le nombre de mecs qui habitent Paris 1er arrondissement si j’en crois Adopte un Mec… va falloir appeler l’INSEE pour y réorganiser un recensement fissa, l’équilibre démographique de notre beau pays est en péril c’est moi qui vous le dit.
Voilà. C’est désolant mais c’est comme ça, en janvier 2015 il y a encore des mecs qui imaginent en mettre plein la vue en prétendant habiter aux Tuileries (parce que oui, au cas où vous n’auriez pas pensé à vérifier, c’est là le 1er arrondissement). La vérité, vous me faites bien de la peine. Mentir à propos de l’endroit où vous habitez est à peu près aussi pathétique que de prétendre vous appelez Jean-Charles alors que votre prénom est Kevin, ou poser à côté d’une Porsche -qui n’est pas la vôtre- sur les Champs Elysées. Comment dire ? C’est triste à s’arracher les poils des jambes à la fourchette.
En plus ca ne rime à rien, la probabilité d’être dévoilé étant d’environ 1000% (et des brouettes) puisqu’il y a bien un moment où votre proie va vous proposer d’aller diner dans votre patio (aka la Pyramide du Louvre) et là, en un mot comme en cent, comme on dit par chez moi « vous v’là bien ».
Donc on arrête de mentir. Si vraiment vous crevez de honte d’habiter à Malakoff (on se demande bien pourquoi d’ailleurs), n’indiquez tout simplement pas à vous habitez («… ») / restez flou (« en Ile de France ») / administratif (« Je suis francilien ») ou poète (« quelque part sur Terre »)

N°3    -  Niveau « je serre les mâchoires et je tape du pied » : Mentir sur votre taille

Je parle de la distance qu’il y a entre le sol que vous foulez et le souffle d’air qui bouleverse l’ordre parfait de votre chevelure (je suis poète moi aussi quand je le veux). Pas de votre bite (désolée).
Idem que pour les autres facteurs énoncés ci-dessus, il est très facile de ne pas mentir sur votre taille dans la mesure où celle-ci est aisément mesurable et en général indiquée sur votre carte d’identité (sauf si vous n’avez pas fait renouvelée celle-ci depuis décembre 87 et qu’il est toujours indiqué « 1,02m »).
Donc : 1,70m = 1,70m
Voilà.
Et 1,64m = 1,64m et pas 1,70m
Voilà.
Et, oui une fille sait très bien faire la différence entre 1,64m et 1,70m (si si je vous assure).
Voilà
Je suis gentille, si vous faites 1,69m je vous accorde que vous pouvez arrondir au-dessus et passer la barre tant enviée des 7, mais ça s’arrête là. Et ce n’est pas parce que vous porterez un chapeau toute la soirée (vécu) que votre date ne va pas se douter qu’il y a anguille sous roche vous pouvez me croire. C’est même pire car tout le temps qu’elle aura accepté de passer en votre compagnie sera gaspillé à se demander intérieurement si en plus d’être petit et complexé, vous êtes chauve.
Probabilité de roulage de pelle à court terme : -14
  
N°2      - Niveau « Je ne vais pas tarder à vous en coller une » : Mentir sur votre photo
Je reprends les fondamentaux de la précédente leçon qu’apparemment vous n’avez pas tous bien écoutée : on-ne-ment-pas-sur-sa-photo.
C’est difficile de trouver une photo de profil sur laquelle vous vous plaisez ? Vous êtes perdu parce que vous n’arrivez pas à savoir si vous avez l’air d’un aimant à poulettes sur celle prise par votre soeur à Noel dernier, ou si vous avez juste l’air d’avoir trop bu de Sauternes ?
Bien, venez par ici mon petit je vais vous aider, vous allez voir ça ne fait pas mal. A exclure de sa liste de photos : toutes celles qui datent d’avant l’élection de Barack Obama (la première), celles où vous avez + ou – 10 kg par rapport à aujourd’hui (vécu), ou encore toutes celles sur lesquelles vous avez des cheveux alors qu’aujourd’hui votre tonsure est plus large qu’une assiette à soupe. De même, si désormais vous arborez une tignasse poivre et sel avec beaucoup -mais beaucoup- de sel, merci de ne pas ressortir un vieux portrait pris lors de votre weekend end à Tignes avec le BDE quand vous aviez encore le cheveu noir corbeau (vécu).  
Si malgré tout cela vous avez encore des doutes, je vous suggère un test très efficace. Demandez à votre meilleur pote de prendre un café chez vous, installez le confortablement dans le canapé pendant que la Nespresso chauffe, voilà on est bien, papotez gentiment en lui expliquant vos histoires de recherche de belettes, ricanez et tout d’un coup tchac : dégainez vos photos.
Si une fois qu’il les a bien regardées, il relève la tête un petit sourire railleur, cligne de l’œil et vous file une tape sur l’épaule en braillant « Champion, c’est ki ki va niquer ?!», foncez.
Si par contre il fronce les sourcils, fait la tête d’une poule devant un tournevis, recule d’un mètre pour mieux évaluer la perspective puis fini par appeler votre mère pour lui demander si vous avez un jumeau caché => changez de photo.
Vous étiez sublime dessus ? Apparemment c’était une erreur. Je sais c’est injuste mais c’est comme ça.
Et c’est presque encore plus injuste pour la malheureuse à qui vous avez menti sur la marchandise et qui va vous retrouver sur la place de l’Opéra jeudi prochain. Vous avez déjà vu la tête d’un enfant à qui on annonce que plutôt que d’aller à Disneyland, il va passer la journée chez Tata Yvette à regarder son chat pisser sur ses napperons ? Ben pareil.
  
N°1      - Niveau « J’écrirais trou du cul sur les murs de ta maison avec ton sang » : Mentir sur votre célibat.
Que dire.
Ce que célibataire signifie = libre, sans attachement
Ce qu’une fille pense quand elle lit « célibataire » sur votre profil : « il n’a pas de femme, pas de petite amie, pas de petit ami, pas de « j’ai une copine mais en ce moment je me rends compte que je ne suis pas fait pour la monogamie.. », pas de « ma copine vit à l’étranger, elle ne revient pas avant 3 mois… ne t’inquiète pas, elle est d’accord », pas de « j’aime ma femme mais elle ne veut plus avoir de rapports sexuels avec moi depuis la naissance de notre fils il y a 13 ans », pas de « je n’aime plus ma femme mais je ne me sens pas de divorcer c’est trop compliqué, etc.»
Ça me parait assez clair. Tout du moins dans la tête de votre victime je vous assure que ça l’est.
Voilà, je ne sais pas comment vous le dire autrement, si vous êtes célibataire, vous l’écrivez, et si vous faites partie d’une des autres catégories précitées vous l’annoncez également tout aussi honnêtement. Il y a des vrais gens derrière l’écran d’ordinateur auquel vous vous adressez. De vraies personnes que vous pourriez commencer par respecter ça serait pas mal il me semble.  
Dis plus clairement si vous cherchez un plan cul, il y a une case spécialement dédiée à cet effet, donc merci de la cocher. Certes, ça va raréfier la demande, mais d’un autre côté le type marié, frustré sexuellement qui a juste besoin qu’on lui tripote la nouille à intervalle régulier pour éviter d’entrer en dépression et qui rentre sagement chez bobonne une fois son affaire terminée, vous admettrez que ce n’est pas non plus l’offre de l’année.
Donc cochez cette foutue case, et/ou prenez RV chez un sexologue et/ou aller consulter un avocat, vous avez le choix.
Mais dans tous les cas : arrêtez de vous comporter comme un connard.
Point.



La prochaine fois, étant donné j’ai eu vent d’anecdotes tout aussi réjouissantes que rassurantes dans ce domaine, je vous expliquerai comment réussir votre premier rencard.

D’ici là soyez gentils, lisez Modiano et arrêtez la raclette.


dimanche 16 novembre 2014

La taille, ça compte ?

Et oui, ce soir on parle de l'ourlet de la jupe (je vois 2 - 3 déçus au fond, mais à quoi pensiez vous, petits obsédés ?).
... Ou en tout cas de la taille des miennes qui a sérieusement tendance à raccourcir ces derniers temps. Raccourcissement lié à 2 phénomènes qui lorsqu'ils se produisent de façon simultanée comme en ce moment font comme par magie apparaitre les gambettes : 

  • le premier c'est un moral en berne qui fait se relever la jupe. Vous vous souvenez de cet épisode d'Ally McBeal où elle se fait arrêté pour outrage à la cour du fait de la taille de ces jupes. Et bien on en est là (avec le côté folle dingue un peu dépressive pas de mec sans celui un peu anorexique et avec le ras le bol du taf). 
  • le 2e c'est la love coach, également fashion police qui se transforme en personal shopeuse, voire en fournisseur officiel avec le dernier vide-dressing. La love coach c'est un peu comme mes potes homo, plus je suis à poil (comprendre jupe courte et décolleté avantageux) plus elle aime ! Du coup je me retrouve avec des très jolies robes dans mon placard, dont je n'ai même pensé à regarder la taille ("tou é souperbeu ma cheriiiee", "ca te fait de jambes magniifiiiiiques")
Résultat, je me retrouve légèrement vêtue en toutes occasions, mariage (ci-dessous), chez mes clients, anniversaires, même en usine dernièrement ... 

Du coup, quand la fille d'une amie (4 ans) parle de moi, elle dit "tu sais ma copine" en montrant sur ses cuisses le tiers supérieur ... 

Alors forcément quand on polémique au taf sur les consultantes habillées trop sexy chez le client, je me sens visée ... jusqu'à ce qu'une de mes boss me dise "Mais non sur toi ça passe"

Je ne sais pas vraiment comment le prendre ... 

mardi 11 novembre 2014

Adopte un Mec spécial 11 novembre - Conseils en vrac aux poilus – Chapitre 1

Tout d’un coup j’ai un immense doute en relisant mon titre. Le mauvais goût est il compatible avec une certaine clarté d’esprit ? Verdict à la fin de ce post.
Aujourd’hui je prodigue mes conseils aux poilus de tout genre qui peuplent ce magnifique réseau d’échanges et de rencontres qu’est Adopte Un Mec (AUM pour les intimes, mais plutôt avaler un kebab par les narines -harissa comprise - que de me considérer intime avec ce site). Notez que ces conseils s’appliquent aussi à ceux qui errent sur Meetic, CelibàParis, eDarling, ou encore Attactive World (quoi que là vous êtes entre gens bien nés, propres sur vous, capables de compter jusqu’à 43 et bien peignés, il y a donc sans doute des subtilités dans les critères de sélection de vos targets qui risquent de m’échapper).
Gros bémol pour Attractive World donc. Et panneau stop dans le cas de Tinder. Là c’est sur que mes conseils ne marcheront pas non plus parce que l’objectif affiché de ce site est bien moins faux-cul, assez différent, et que vous n’avez pas téléchargé votre plus beau duckface pour discuter décoration d’intérieur avec Kameron, mais bien pour niquer. En espérant que dans ce domaine, vous n’avez pas vraiment besoin de conseils (et encore moins des miens) vous savez donc très bien ce qu’il vous reste à faire : une bonne photo suggérant assez peu subtilement une paire de seins ou un paquet des plus rebondis et c’est parti mon kiki (ah ah). Sur ce je vous laisse donc passer les 3 prochaines heures à déterminer quel est le meilleur profil de votre frifri. Vous me direz.
Ce post s’adresse donc aux hommes recherchant une relation un tout petit peu plus longue durée (on ne rigole pas) et qui se lancent dans la grande aventure Adopte Un Mec, ou à ceux qui ont trop la trouille de se chopper une maladie vénérienne pour aller directement sur Tinder. Notez que comme disait ma grand-mère, la peur n’évite pas le danger et que vous pouvez toujours vous chopper des chlamydias puissance 10 en fricotant avec Emilienne, adepte de la peinture sur soie bio, qui boit du thé vert et a appelé son chat Cantilène, alors que la Shania elle, elle était propre comme un sou neuf. N’aviez qu’à assumer.
Donc reprenons. Ce post s’adresse aux poilus (oui je tiens à ma blague naze, demain elle n’aura plus cours c’est quand même dommage) s’inscrivant sur Adopte Un Mec, bien décidé à rencontrer la femme de leur vie / une fille mignonne / quelqu’un de pas trop vilain qui ne ferait pas peur à la caisse du Monoprix par exemple. Un poilu bien décidé à faire avancer sa vie sentimentale d’un cran donc, et ce quel qu’en soit le résultat (« j’ai tout teste j’te’dis, me reste plus que les petites annonces du Chasseur Français, ou les agences matrimoniales qui te proposent de rencontrer des Philippines »).
Seulement voilà.
Vous avez tout bien fait : photo super flatteuse prise par votre pote au débotté alors que vous regardiez ailleurs (autant vous dire que celle là vous l’avez enregistrée sur votre Iphone, Ipad, Ipod, et aussi dans un classeur spécial « trogossbo » au bureau), petit mensonge que vous pensez sans conséquence sur votre profil (« je vais mettre 1,70m à 6 cm près elles verront pas la différence »), et annonce que vous pensez rigolote (« et là j’ai mis Ninja comme profession j’suis un furieux j’te dis»). On clique sur « éditer », emballer c’est pesé,  et vous voilà comme un enfant sage devant la cheminée un 24 décembre à 23h50 à attendre le Père Noël.
Sauf qu’il a du se gourer d’adresse. Ou de ville. Ou carrément de planète parce qu’on est le 14 mai et que votre hotte est toujours désespérément vide. Rien, que dalle. Niente.
A part deux demandes de mise en contact bizarres qui puent le trafic d’esclaves bulgares (« Salut moi c’est Apollonia j’ai 21 ans et des gros seins, t’es trop kikou lol mignon, ca te dirait k’on se voit ce soir à la sortie du RER à Pantin ? N’oublie pas ta Karte bleu hi hi hi»), une vieille qui vous a envoyé une photo de ses fesses bien fatiguées -ben oui même les femmes font ca- en vous demandant si vous aimez les cougars (la réponse est non) et une dépressive, jolie sur la photo mais qui vous a demandé votre avis sur la congélation de ses ovules au bout de 4 messages, il faut bien vous rendre à l’évidence, vous avez autant de succès que Francis Heaulme avec les danseuses du Crazy Horse.
Quoi y a un truc qui cloche ?  Elles aiment pas les ninjas ces poufiasses ?

Alors mes petits chatons en porcelaine (je suis gentille, j’y vais avec délicatesse car après tout homme ou femme quoi qu’on en dise, nous sommes tous réduits à de tous petits égos tremblotant sur ces sites) lisez bien ce qu’il va suivre.
Je n’ai pas la prétention d’avoir la solution miracle mais après 6 semaines (sanglots) sur ce site, y a quand même deux ou trois trucs qu’en tant qu’adoptante potentielle je peux vous apprendre. Et tout ce qui va suivre n’est malheureusement pas issu de mon imagination débordante mais bel et bien tirée de ma propre expérience.

Prenez vos stylos et ouvrez vos cahiers, aujourd’hui on entame un premier chapitre : 
«Les photos de profil – Comment donner envie »
Et on répète après moi : la photo de profil ca passe ou ca casse. Peu importe que vous ayez l’humour d’un Desproges, la délicatesse d’un Modiano ou l’intelligence d’un Ameisen (spéciale dédicace à MA), si vous vous êtes plantés sur votre photo de profil, même mère Térésa ne vous donnera pas de seconde chance.
Je sais, c’est injuste mais c’est comme ca et vous serez out en moins de temps qu’il n’en faut pour Nabilla de se faire coffrer à la Santé un samedi soir. Et tant pis pour votre collection d’étiquettes de camembert de renommée internationale ou votre don inné pour le massage des trapèzes, à part Chichi votre chinchilla, personne n’en saura jamais rien.

En ce qui concerne la photo de profil, on évite donc:
1.     La photo ou vous ne souriez pas. Vous pensez que ca vous donne l’air mystérieux comme Christophe Hondellate ? Ca vous donne juste l’air méchant comme Pinochet. Vous fouteriez même les jetons à Marine LePen avec cette tête de teigne. Donc merci de vous calmer et de reprendre visage humain. C'est une photo de profil sur un site de rencontre que l'on vous demande, vous pouvez peut-être trouver mieux que la photo de votre badge de gardien de prison en Corée du Nord.  
2.     La photo ridicule. Déguisé en fruit (véridique…), en train de loucher, ou d’imiter François Fillon. Vous pensez que ca donne un côté cool, trop fun, j’ai bien envie de lui arracher son slip ? Surement pas non. On est là pour rencontrer quelqu’un à qui on va potentiellement rouler des pelles (pour commencer), et pas un pote avec qui on n’aura pas honte de commander une troisième bière ou de lui raconter le jour où on n’avait pas vu qu’on avait une grosse morve qui nous était sortie du nez après avoir sauté dans le grand bassin à la piscine. Je répète : la photo de profil est un critère de sélection très binaire. C’est oui ou non, et ca nous prend généralement moins de 3 secondes pour décider de cliquer sur « autoriser » ou sur « next ». Donc le côté Jean Marie Bigard vous le gardez pour la suite.
3.       La photo où vous êtes trop beau. Attention, je ne parle pas de la super photo prise par hasard par votre pote alors que vous vous penchiez pour chopper le sac poubelle juste avant de descendre vous enquillez des godets au Balto (vous le saurez pour la prochaine fois d’ailleurs, c’est votre meilleur profil), non je parle de la photo de professionnel, hyper travaillée, lumière léchée, ombres qui sculptent vos pommettes, pose plus étudiée que celle de Daniel Craig sur le red carpet des Oscars. J’en ai vu quelques uns des profils comme ça. Et je vous donne mon sentiment : pour 95% des femmes normales c’est absolument effrayant. Soit vous mettez la barre trop haut (vous avez effectivement fait la couverture du Vogue italien de janvier dernier et dans ce cas là, il doit bien y avoir un site de rencontres spécial bombasses, laissez les gens normaux tranquilles), soit vous avez tout orchestré (et cassé votre PEL pour une séance photo avec un pro qui arrondit ces fins de mois au black en faisant poser des pigeons sur des draps en coton 15000 fils avec un arrière plan de Manhattan en carton pâte) et là c’est tout aussi flippant (vous êtes vraiment si vilain que ça ?). 
      Dans votre panier, ne vous reste donc plus les 5% de femmes qui rêvent de sortir avec le sosie du mec qui a fait la pub pour Invictus. Et là les petits chatons, vous avez intérêt à assurer.
4.       La photo déprimante. Vous êtes sous anxiolytiques depuis mars 87, votre copine (enfin, c’est beaucoup dire, disons plutôt la seule nana qui a accepté de vous dire bonjour en vous regardant dans les yeux cette année) vous a quitté, votre estime de vous est tellement faible que chat vous pisse dessus quand vous rentrez, vous avez investi toutes vos économies dans la campagne présidentielle de François Bayrou et vous êtes toujours en train de rembourser les affichettes au petit bonhomme vert de Cétélem ? Non ? Vous êtes sur ? Parce que vraiment, on dirait.
Les épaules en dedans, le menton rentré, les genoux en X, et les mains croisées nerveusement sous vos aisselles, non mais qu’est ce que c’est que cette photo de chien battu ? Mention spéciale au regard humide que vous lancez à l’appareil ah mais beurk, pardon je viens de vomir par les yeux. On est sur un site de rencontre là mon garçon, pas sur celui de la SPA.  « Je m’appelle Chaussette, j’ai trois ans et le poil brillant, ma précédente maîtresse m’a abandonné sur le bord de la route, viens me chercher ». A part Brigitte Bardot (version fasciste de 80 ans) ou votre mère, qui croyez-vous attirer avec une tête pareille ? Aller du nerf. Sans tomber dans la kékéttitude (mot compte triple validé par le Larousse, cherchez pas j’ai vérifié), il serait peut être temps d’opter pour une photo qui donne un tout petit peu plus envie.   
5.    La photo de kéké banlieue Nord-Est. Ca à l’air d’un cliché (c’en est un) mais malheureusement les clichés ont la vie dure surtout dans le domaine des rencontres virtuelles. Chemise ouverte sur des pecs qu’à y regarder de plus près même vous dans vos bons jours qualifieriez de « naissants », selfie en train de s’embrasser le biceps (il faut bien rentabiliser ces foutus 1400 euros d’abonnement aux VitHalles), regard de tombeur de supermarché (par en dessous, la bouche légèrement ouverte, vous croyez que vous ressemblez à Booba ? Non mon grand tu ressembles à Miley Cyrus), c’est bien simple on entend déjà le « eh mad’moizelle t’es trop charmante » rien qu’à scruter votre regard bovin.  Non mais Allo quoi.
6.     La photo de kéké banlieue Sud-Ouest. Sourire en coin, regard qui se veut profond, voire pire : clin d’œil. Si en plus vous portez un polo le col relevé et/ou des wayfarers en serre tête et que vous vous êtes pris en train de faire un petit geste du doigt (genre "j’t’ai eue"), c’est la guillotine direct. Une indication : plus on essaye d’avoir l’air malin, plus on a l’air con. Vous êtes prévenus.
7.    La photo unique. Cette dernière catégorie est un peu plus tricky mais elle mérite d’être signalée. Les profils avec photo unique ont tendance à rebuter tout simplement parce que le risque de tromperie sur la marchandise est inversement proportionnel au nombre de photos. En clair, le risque que vous ayez mis une photo potable de vous (du temps où vous aviez des cheveux, 10 ans de moins, de vraies dents et pas encore des poils dans les oreilles) alors qu’en réalité vous ne ressemblez plus du tout à ça est trop grand pour que l’on cherche à en savoir plus. Donc on zappe. Et c’est dommage parce que si ca se trouve vous êtes beaucoup mieux en vrai que sur cette photo qui date de votre premier (et dernier) stage aux Glénants à Camaret en juillet 2003.

Dans les "do" de la photo de profil, la bonne nouvelle c’est qu'à mon avis il n'y en a qu'un et qu'il est super simple : Souriez. 
Vraiment. Je vous assure que même si vous ne ressemblez pas au mec de la pub d’Invictus ou que votre confiance en vous est à peu près aussi grande que celle de François Hollande quand il lit les derniers sondages du Figaroscope, n’importe quel sourire sincère (le sac poubelle venait de crever sur les Nike Air à 250 balles de votre pote) est joli ou au moins attendrissant. Et dans le fond, ces sites sont déjà tellement effrayants que de donner l’impression à la fille qui s’apprête à cliquer sur votre profil qu’elle est en face d’un mec normal et bien dans sa peau équivaut à un bonus à 100 000 points.
Donc on y va on se lance et on sourit. Et on évite le sourire satanique avec le regard en coin où vous croyez ressembler à Walter White (je vous ai déjà dit que vous ressembliez à Saddam Hussein, voyez comment ça s’est terminé pour lui).

La semaine prochaine si vous êtes sages, outre le fait que je m’engage à faire preuve de davantage de bon goût, nous étudierons ensemble le Chapitre n°2 consacré à la « Meilleure manière de remplir sa fiche de profil si on veut chopper ».

D’ici là, soyez heureux et mangez des fibres

mardi 22 juillet 2014

Tarte abricots-pistache qui en jette grave, ou toi aussi cuisine au four un jour de canicule

Il fait 46 degrés et vous avez 3h de votre vie à perdre ? Cette recette est faite pour vous !

Le jour-même :
  • Faire la pâte à tarte (de préférence choisir une recette ou la pâte colle bien aux doigts et s'infiltre sous les ongles). Etre pleine de confiance en vos talents de chef
  • Une fois votre lutte avec la pâte terminée (1-1 balle au centre), filmer et la mettre au froid pendant 1h (pendant ce temps-là, nettoyer ses doigts  à la pierre ponce , couper ses ongles jusqu'aux moignons)
  • Au bout d'1h « étaler finement la pâte » dans un moule (=> faire des trous dans la pâte, s’énerver, casser la pâte en 9 morceaux, respirer un bon coup, remettre un peu de farine sur la pâte pour que cette salope arrête de coller, mettre de la farine absolument partout dans la cuisine, reprendre confiance en vous et finir par tout recoller comme un cochon dans le moule façons puzzle ) Déclarer que cette bataille -là, c’est vous qui l'avez gagnée
  • Une fois la pâte étalée, remettre encore une heure au froid .  Constater qu’il y a de la farine absolument partout dans la cuisine depuis le dessous des plinthes (qu’apparemment, à y regarder de plus près, vous avez nettoyé pour la dernière fois en janvier 1987) jusqu’au plafond (repeint lui en mars 81)
  • Pendant que la pâte prend le frais 
    • Nettoyer intégralement la cuisine au karcher, 
    • Faire la crème à la pistache, à base de pâte de pistache achetée à prix d’or le matin même. Eventuellement se tromper dans les doses suite à un excès de zèle (ben quoi j’ai pas acheté un bocal de 2kg pour n’en utiliser qu’une cuillère à soupe non ?)
    • Découper 1 kg d'abricots (achetés à peu près au même prix que la pâte de pistache)
    • Constater que pour le coup, 1h finalement c'est plutôt court  
    • Commencer à se demander si vraiment c’est une bonne idée cette histoire de tarte
  • Prendre une nouvelle suée en allumant le four
  • Sortir la pâte et se faire c... déposer artistiquement les abricots dessus. Faire des rosaces, des spirales, le visage de Barack Obama, le plan de Westeros etc. 
  • Recouvrir de crème. Réaliser que la crème masque intégralement le décor artistique si difficilement composé  il y a quelques minutes à 47 cm du four qui bourrine à fond.  Commencer à avoir - un peu - envie de pleurer, mais être plus forte que ça.
  • Mettre la tarte au four pendant 45 min
  • Pendant ce temps, vivre un moment de grâce et prendre une longue douche glacée pour se remettre de la position accroupie devant le four chauffé à blanc (rapport au fait que votre four à une vie propre et donc s’éteint quand bon lui semble)
  • Une fois la douche prise, en perdre tous les bénéfices en ouvrant plusieurs fois le four en cours de cuisson pour vérifier si par hasard ce n'est pas cuit. Non ce n'est pas cuit
  • 45 min et 1l de Badoit plus tard, sortir la tarte du four et enfin éteindre l'engin de malheur
Le lendemain:
  • Sortir un joli plat de présentation pour la tarte
  • Faire tomber la tarte par terre
  • Maudire la terre entière, le ciel, les fabricants de pâte de pistache,  Barack Obama, Mercotte, et toutes ces connasses sur les blogs de cuisine qui vous expliquent à quel point c’est facile de faire des tartes abricots-pistache
  • Ramasser honteusement quelques morceaux sur le sol en se demandant si les invités vous ont vu et si éventuellement ça peut quand même être mangé
  • Décider dans un sursaut de dignité que finalement non    
  • Jeter la tarte à la poubelle en mettant au passage un coup de pied dedans
  • Sortir 3 abricots et une tablette de chocolat en guise de dessert

Bon appétit bien sûr ! 

mardi 15 juillet 2014

Bilan du WE

Je profite d'un petit trajet en train interminable (merci le boulot !) pour vous faire un rapide débrief de mon WE prolongé du 14 juillet de pré-vacances (oui je sais ça fait une éternité que j'ai rien posté et vous auriez peut être aimé du philosophique, mais voilà la vie est injuste, il faut vos y faire). 

Déjà le WE était plutôt mal embarqué : pas de place dans les trains vendredi, pas de place assise dans le 10h12 de samedi matin, météo de chiottes annoncées, 3 jours de tête à tête avec mes parents alors que j'avais promis de ne plus dépasser les 48h ... c'était pas gagné. Et pourtant, un bilan plutôt positif : 

Première victoire : j'ai limité la casse samedi matin en trouvant un siège libre au milieu de la colo d'ados de banlieue, qui certes sentaient la sueur et les pieds et m'ont appelée "madame" pendant 2 h, mais qui m'ont montré comment faire les bracelets en plastoc à la mode (ça doit niquer les doigts, je me suis arrêtée à l'explication, j'ai pas insisté pour participer). Et puis j'ai évité les punks à chien crados du wagon bar avec des dentitions vraiment approximatives (dommage parce que la police de la SNCF qui squattait ledit bar était plus appétissante que le sandwich SNCF, croyez moi).

Deuxième victoire : je me suis baignée samedi après midi (et lundi mais nous y reviendrons) alors que franchement vu du train c'était pas gagné. Dimanche, en revanche, ce n'était pas l'éclate (plutôt ambiance déluge), mais j'en ai profité pour faire une chtite sieste de 2h30 qui n'était pas superflue). 

En revanche, résultat plutôt mitigé sur l'objectif de préparation des vacances (je commence à culpabiliser sur le fait que CLAM a déjà réservé 3 hotels et que moi à part lui avoir filé le guide ... j'ai regardé les plats nationaux ...) : 
  • un coup de soleil avec démarcation du short sur la cuisse droite (la symétrie semblait superflue) en guise de préparation au soleil (je me suis faite avoir comme une bleue par le vent et les petits nuages hier matin). Un petit côté porcelet rose qui me fait envisager une candidature pour l'Amour est dans le Pré.
  • pas de 3G pour mater le Costa Rica ... mais j'ai comaté devant la finale de la coupe du monde pour laquelle j'avais prédit une finale Costa Rica / USA dans les paris du boulot, ça compte ?
  • 3 kilos de bonne cellulite remplie de galettes charentaises au beurre, de glaces et de tomates farcies (pour préparer l'été en maillot, j'ambitionne de créer une bouée intégrée pour pouvoir flotter ...)
  • mais tout de même une petite récolte de livres pour lester mon sac à dos (mon libraire de quartier habite Royan, c'est pas très pratique je sais, mais il est vachement bien)
Clou du WE, j'ai réussi grâce à ce déplacement pourri du boulot (aller à Bordeaux pour 1/2h de réunion, c'est du foutage de gueule ou c'est moi ?), j'ai pu assister au feu d'artifice sur la plage hier soir. Feu d'artifice républicain tout Bleu / Blanc / Rouge avec sa petite touche de kitsch quand ils ont tiré des fusées qui explosaient en forme de cœur. La famille Bidochon en survêtement à côté de moi a A-DO-RE ! Personnellement j'avoue une préférence pour celles qui scintillent (ou les spermatozoides géants qui sifflent ... de très bon goût les soirs de pleine lune comme hier, on se serait cru dans une trompe de fallope).

dimanche 29 juin 2014

"J'aime m'attacher les cheveux" - Like si t'es cap


J’aime Facebook. C’est pratique, pas compliqué, et comme tout le monde ça me permet de garder un œil sur les gens que l’on voit au mieux une fois par an, même si on se promet que cette fois c’est sûr, on s’appelle la semaine prochaine.

Bon, il parait aussi que c’est hasbeen. Qu’aujourd’hui le seul vrai réseau social qui compte c’est Tweeter, mais personnellement ça me gonfle de raisonner en 140 caractères, je n’ai jamais rien compris aux hashtags, et je suis bien trop vieille pour jouer à l’ado. Je laisse Tweeter aux autres, moi j’aime bien Facebook.

Notez que si je m’y connecte régulièrement, ce n’est pas forcément pour poster des photos de moi («trop lol »), du dernier verre que j’ai bu en terrasse («fait trop beau au Balto »), ou de la queue au Franprix (« Noon y a trop de queue!!»). Non, moi j’y vais pour vérifier que tout le monde va à peu près bien, je ne crache pas - alors qu’on pourrait le croire -sur une ou deux photos des enfants de Machin qui grandissent, sur le tracé du parcours de running de Bidule, voire même sur un beau coucher de soleil (avé les pieds devant) posté par Truc. 

Je suis une utilisatrice de Facebook sympa quoi.

Par ci, par-là, je me fends d’un petit commentaire, d’un like pour faire plaisir (ou si ça se trouve même pas) et voilà en 3 minutes c’est plié, j’ai le sentiment du devoir accompli et je peux me déconnecter pour les 6 prochains jours. Je suis donc vraiment une utilisatrice super réglo.
De mon côté, je ne fais pas de plan à la con du genre je t’envoie 250 demandes de participation à Candy Cruch, Animal Farms ou autre ânerie-incommensurable-perte-de-temps du genre (et lisez bien ça mes amis : « vous-pouvez-toujours-crever-pour-que-j’y-réponde »), pas d’upload de photos débiles où comme par hasard je suis pas trop mal dessus tandis que mes autres potes ont la bouche ouverte, ou le ventre qui ressort au-dessus de la ceinture, je ne pollue pas les murs de mes petits camarades avec d’obscures privates jokes qui n’intéressent que moi -et éventuellement le destinataire- pour faire croire que je suis super cool, pas non plus d’envoi de chaînes type « attention si tu ouvres une canette de coca en mangeant un mentos assis en haut d’un escabeau en fer par temps d’orage les pieds dans une bassine d’eau tu risques un accident, y a des gens qui sont morts, c’est sérieux, je l’ai vu sur un site américain». Non, moi je pars du principe qu’il faut foutre la paix à son prochain en règle générale et sur les réseaux sociaux en particulier.

Cool je vous dis.

Alors allez m’expliquer pourquoi certains non seulement pratiquent à haute dose un des sports précédemment cités, mais en plus se croient obligés d’inventer des variantes qui me donnent envie 1) de balancer mon ordinateur par la fenêtre, 2) de découper un animal à la tronçonneuse, 3) (plus facile j’en conviens) : de ne plus jamais, au grand jamais me connecter à cette saloperie de site.

Un exemple ?

Un pote (appelons-le, Luc, ça fera plaisir à ma sœur et en plus j’en connais pas), Luc donc commente à peu près tout ce qu’il se passe dans sa vie à une fréquence plus rapide que celle des métros sur la ligne 4 en heure de pointe. C’est bien simple, à côté de lui le mec qui a posté une photo de la queue chez Franprix passerait pour Robert Capa. De la photo de la voiture de location qu’il vient de récupérer à l’agence Avis de Soisson («cool on a été surclassés en Saxo »), au pot de peinture qu’il vient d’acheter pour refaire sa baraque (« oh que c’est dur de s’y mettre, mais ça en vaut la peine pour notre petite maison ») en passant par ses commentaires tous plus construits les uns que les autres sur le dernier épisode des Experts NCIS (« super y a la saison 17 ce soir je me demande si MacBobby a survécu ! »), c’est bien simple, Luc vomit en continu sa vie sur Facebook. Je mentionne sa collection de photos à chaque fois qu’il bouffe un croque-monsieur ou qu’il attend dans la salle d’embarquement d’un aéroport ? Je ne crois pas non, vous avez compris le principe.
Vous me direz, je n’ai qu’à me désabonner de son flux de news (c’est fait), mais je n’en demeure pas moins extrêmement perplexe de me dire que 3,5 milliards d’années d’évolution nous ont menées à la photo surexposée d’un pot de 8 litres de Dulux Valentine « Taupe mordorée». 


Autre exemple et autre variante de cette tendance exaspérante à la cuculterie grandissante qui vous font demander comment vous avez un jour pu accepter être en contact avec ces individus (je ne parle même pas d’être amis) : le pendant féminin de Luc, sa femme, son alter-égo, la reine du cucul, l’impératrice des godiches, j’ai nommé... Fabienne (toujours le même principe, j’en connais pas mais ça va faire plaisir à ma sœur).
Je passe sur les douzaines de milliers de photos des gamins de Fabienne (trop facile), sur ses réflexions bas de plafond « oh zut déjà la fin du weekend, je n’ai pas vraiment envie de retourner au travail demain » (trop facile bis), et même (parce que je suis vraiment de super bonne humeur), même sur les citations insupportables de mièvrerie empruntées à Paolo Coelho ou au Dalaï Lama du style « vis ta vie à ton propre rythme », « il vaut mieux avoir des remords que des regrets » (notez que ça, ça doit plutôt venir d’un autre grand philosophe genre Patrick Bruel), « le bonheur est au bout du chemin » et autres pensées d’une profondeur si vaste que je ne saurais même pas où trouver une pelle assez grande pour les enterrer.
C’est bien simple, je suis sure que quand Fabienne pète : il sort des papillons de sa culotte.
Mais ça c'est une autre histoire, passons. Je passe sur tout ça parce qu’il y a pire, pire que les papillons-prouts et que les réflexions de Pascal Obispo sur le sens de la vie. Et pire, ce sont les propres réflexions de Fabienne sur le sens de la vie. 

Exemple : « J’aime les arcs en ciel »
Voilà. Je n’en donne qu’un car je considère que j’ai tout dit.
J’aime les arcs en ciel.
Pas "J’aime les arcs en ciel, ça me rappelle le Magicien d’Oz" (notez que c’est très con aussi), ou "J’aime ce phénomène de réflexion des rayons de soleil à travers la pluie qui rend visible le spectre continu de la lumière du ciel, ça me rappelle Isaac Newton" (notez que là, Fabienne m’en boucherait un coin). Non, "J’aime-les-arcs-en-ciel".
C'est-à-dire qu’à un moment donné de sa vie, Fabienne a perdu 25 secondes à se connecter à son compte Facebook, 30 à écrire ses 6 mots, 2 à cliquer sur « validé » et 1 pour se déconnecter. Soit moins d’1 minute pour faire profiter le reste de la planète du niveau zéro de sa pensée. Est-ce possible de faire plus béta ? Plus cucul ? (alors que Fabienne est déjà à un niveau assez élevé dans ce domaine d’expertise) Plus vide ?
Soyons clairs, je n’ai rien contre les arcs en ciel, ni contre les gens qui aiment ça. Non, là où je m’insurge c’est de constater que certains poussent le bouchon narcissique suffisamment loin pour penser que cela intéresse quelqu’un d’autre qu’eux, et qui n’hésitent pas à étaler leur merde égocentrique sur un mur virtuel dans l’espoir qu’il en ressorte quelque chose. 
A moins que Fabienne dans son immense sagesse ne nous donne ici une leçon ? A moins que tel un Michel Foucault du 21ème siècle, Fabienne, en une simple phrase, fasse tout simplement un lien d’une subtilité éblouissante entre la vacuité des réseaux sociaux et ce rapport à l’univers et au temps qui nous fait tant défaut ?
Mais je ne crois pas. Moi je crois que dans ces moments là Fabienne a le QI d’un bulot et pense sincèrement attirer l’attention, les commentaires, voire les louanges à partir d’une pensée digne d’un enfant de 4 ans devant la grande parade à Eurodisney.
Bon, j’ai envie d’en avoir le cœur net. Parce qu'honnêtement, une fois le choc passé, je me suis demandé ce qui pouvait ressortir de ce genre de diarrhée virtuelle. Quelque chose de bon? De construit? D’intelligible? Je ne vous le cache pas, comme je suis un peu joueuse, j’ai envie d’essayer. A mon tour d’étonner. J’ai donc cherché l’affirmation la plus inutile possible, et je vous propose de l’afficher sur mon compte Facebook dès aujourd’hui et de voir ce qu’il en ressort. 
Attention, quand on se lance dans ce genre d’expérience scientifique de haute volée il faut trouver quelque chose de suffisamment creux dans le sens où la déclaration que vous afficherez en ligne ne servira absolument ni à rien, ni à personne, n’apportera aucune information constructive ou utilisable d’une quelconque manière que ce soit, et ne nécessitera en aucun cas au lecteur potentiel de réfléchir plus d’une demie seconde pour la comprendre.

Moi j’ai trouvé « J’aime m’attacher les cheveux », et je trouve que dans la série affirmation à la con, ça se pose un peu là.
Donc voilà, tel un Michael Faraday se lançant pour la première dans l’expérimentation du phénomène d’électromagnétisme (je regarde énormément National Geographic en ce moment, il faut me pardonner), je vous propose de me lancer dès ce soir dans un test grandeur nature.
Ce soir, c'est le grand soir et je vais donc afficher cette foutue citation et voir ce que je récolte. 
Par souci d’honnêteté, tant intellectuelle que scientifique, je promets d’éliminer des résultats tous commentaires pouvant les biaiser du type commentaires sarcastiques, ironiques, voire grossiers que certains de mes amis pourraient se sentir obliger de répondre (« moi j’aime me gratter l'anus », «moi j’aime Jacques Cheminade» et autres « moi j’aime quand la Rioja se fait sortir de la coupe du monde comme des Albanais»), car fort heureusement pour moi je ne suis pas entourée que de Luc et de Fabienne.
Non, contribuant j'en suis certaine, aux progrès de la science comportementale, voire à l'essor de la race humaine, je promets de ne conserver de cette étude que les résultats probants, décisifs et irréfutables, attestant, s’il est possible, que l’on peut créer quelque chose à partir du vide le plus absolu.
Lavoisier prend garde à toi.