mardi 18 octobre 2016

AB - De l'art de ne pas faire de plan

Je ne resiste pas au plaisir de vous lire un extrait du livre que je lis:
"1er novembre, quatre heures de l’après-midi, une journée sombre et bumeuse. […]

Paul Fortheringay, à son domicile d’Ebury Street, contemplait les services de presse de son livre, Crazy Capers, qui venaient de lui parvenir par la poste. Songeant à la soirée solitaire qui l’attendait, il hésitait à téléphoner à un de ses amis, mais à quoi bon, se dit-il. Ils seraient tous pris à cette heure. Il s’étonnait de l’incroyable dynamisme des gens qui non seulement avaient l’énergie de s’activer du matin au soir, mais aussi de prendre des dispositions et de concevoir les plans nécessaires pour les mettre à exécution. C’était déjà bien qu’il parvienne à faire des choses, il ne fallait pas en plus lui demander de faire des plans. Il décida de rester seul."
Ainsi débute l'exquis Christamas Pudding de Nancy Mitford. Ces pépites que l'on trouve dans les bibliothèques municipales! Je croyais avoir tout lu d'elle et mon coeur a fait un bon en découvrant ce livre. Et lorsque je l'ai commencé , moi qui ai tellement de mal à planifier quelque chose, j'ai su que les personnages seraient une nouvelle fois formidablement sympathiques et que j''allais vivre des moments d'intense bonheur livresque.



vendredi 24 juin 2016

Et c'est parti pour le Toexit !

Après un mois d'hésitation : sortiront, sortiront pas. Gros risques d'inondation. Alternance de lumière et de larmes tombées du ciel ... Le verdict est tombé, je déclare ouverte la saison du Toexit !

Libérez les orteils
Faites respirer vos talons
Remisez vous chaussettes
Sortez votre corne, vos oignons et autres verrues plantaires (sans oublier de rester glamour, hein !)
Marchez pieds nus dans l'herbe, pour s'entraîner au sable chaud dans quelques jours

Alors oui, il reste des questions en suspens. Le legxit est encore incertain. Le boobxit se cherche encore. La priorité est plus que jamais de définir un projet commun aspirationnel. Pour passer ce moment délicat, je mise sur le doublé gommage / huile pour apporter de la douceur et aplanir les différents autour de la cellulite.

Ça marche aussi au masculin, Messieurs les députés : Allez vite, vite, une vision ! L'Europe il y a 20 ans je trouvais ça excitant, aujourd'hui c'est juste chiant comme un pot de yaourt 0%. Fade et sans saveur. Je veux du goût, des épices et des petites herbes ! Arrêtez l'autobronzant, ça  laisse des marques et ça ne trompe personne. Sortez vos gambettes et profitez du soleil !

mercredi 25 mai 2016

Maigrissez en vomissant par le nez*

*Je n'ai pas réussi à résister au plaisir coupable d'un titre racoleur, un de ceux qui ferait doubler les ventes d'Elle dans le monde entier (l'équivalent éditorial des fesses d'Emmanuelle Beart en somme)

J'ai développé au cours de ma vie d'adulte, une capacité exceptionnelle à enfourner une énorme quantité de nourriture en un minimum de temps (un peu comme les Anglais avec la bière et les horaires restrictifs de fermeture du pub ...). Moi, qui était toujours la dernière à finir mon assiette à la maison, quand sur la table ne restait en fait que mon assiette et que mon père attendait impatiemment que je finisse mon dessert pour pouvoir lancer le lave vaisselle (Peut être était ce une tactique pour ne pas débarrasser ?). Moi, que tous mes amis attendaient à la cantine avant d'aller boire un café à la cafète du lycée. Que c'est il passé ? Je blâme le boulot, les réunions à 14h dont il faut préparer le support, les plateaux repas alors que tu es sensée prendre des notes / présenter / répondre du tac au tac au questions plus ou moins farfelues d'un monsieur en costume avec de la sauce salade sur sa cravate. 

Cette capacité prodigieuse, s'est étendue à tout style de nourriture (cacahuètes, tarte aux pommes, côte de boeuf entière et même choux de bruxelles mais-seulement-si-je-n'ai-pas-le-choix-que-de-les-manger-pour-faire-plaisir-à-la-maitresse-de-maison-parce-que-j'ai-horreur-de-ça) et toutes les situations : je mange à vitesse grand V comme pour éviter qu'un grand me pique mes frites, même quand je suis seule chez moi avec du potimarron à diner. 

A la suite d'une petite diète aux allures de gastroentérites, j'ai eu cette idée lumineuse : et si je prenais le temps de tout bien mâcher pour éviter les morceaux que je pourrais vomir par le nez plus tard. Oui je ne sais pas pourquoi quand je vomis, je vomis aussi par le nez. Je suis désolée pour ces détails peu ragoutants dans cet article de fond (et en même temps si vous êtes choqués / dégoutés / écœurés, vous vous êtes sans doute trompé de blog), mais c'est extrêmement désagréable de vomir par le nez, voire franchement douloureux quand un petit pois à moitié digéré vient se coincer dans le fond de votre narine droite pendant 2 heures. 
Bien mâcher, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucun morceau, et bien c'est pas si simple que ça. Ça demande une mâchoire bien musclée et un vrai déconditionnement du "Si c'est bon, il faut que je remette une bouchée avant même d'avoir avalé celle d'avant". En société c'est encore plus dur, surtout si tu es un peu bavarde comme moi parce que de nouveau tout le monde t'attend (hé, hé, je ne suis pas la seule à avaler tout rond)  ... et tu finis par manger froid vu le temps que tu mets.

Mais en compensation, je dois avouer qu'avec ce rythme de mastication, il est quasiment impossible de finir un hamburger de chez Schwartz sans avoir les dents du fond qui baignent. C'est un peu comme si les aliments mastiqués prenaient plus de place que ceux en morceaux (ou que le signal de la satiété prend du temps à apparaitre, mais je trouve ça chiant comme explication). Du coup forcément tu manges moins.
Alors oui je n'ai pas découvert un nouveau continent et tous les nutritionnistes, gastro-entérologues et autres naturopathes le savent depuis longtemps. Il parait aussi que ça aide la digestion, réduit les ballonnements et tout ... mais surtout tu fais le plaisir de tes amis en leur laissant la parole à table (... et en pétant moins ?), sans compter l'activité physique exceptionnelle déployée dans l'activité de mastication : c'est tout bénéf

Bref, si jamais vous testez le régime "comme si tu allais vomir par le nez" pour être belle / beau en maillot cet été, j'attends vos commentaires avec impatience.

samedi 21 mai 2016

Ma grande cousine

Ce matin, je ne voulais pas me lever car je savais qu'à moins d'un miracle, j'aurais un message m'apprenant la mort de ma cousine, Florence. Le miracle n'a pas eu lieu. Ma cousine est morte paisiblement hier soir de son 3ème cancer. Elle était tellement solaire que nous voulions profiter d'elle le plus longtemps possible. 
Elle est morte au printemps après avoir été très malade tout l'hiver, comme Eden dans Jalna. Elle n'a pas pu s'allonger une dernière fois sur une chaise longue dans son joli jardin fleuri pour réchauffer son corps affaibli sous les rayons du soleil et regarder son fils jouer.
C'était une superwoman, une guerrière au visage de madone, une star qui laisse une pluie d'étoiles et de larmes au fond de nos yeux.  

Lorsque j'étais petite, elle était ma cousine adorée et mon modèle. Elle avait seulement quelques années de plus que moi mais elle me portait inlassablement sur son dos pendant nos jeux d'enfant. J'étais toujours bien et heureuse avec elle. Elle était la première de sa classe et jouait merveilleusement bien du piano, mais elle n'était pas peste pour un sou, au contraire elle témoignait d'une patience infinie envers ma soeur et moi. Elle adorait s'occuper de nous et jouer à la grande. Une fois adulte, elle continuait à signer ses messages "ta grande cousine" et à m'apporter son aide. Lorsque je l'avais appelée il y a deux ans juste la veille de son amputation du bras pour vaincre le 2ème cancer, elle voulait savoir si j'avais un mec et faisait plein de plans pour que je rencontre quelqu'un; lorsque je suis passée la voir avant de partir pour les Pays-Bas il y a un an, alors que son 3ème cancer venait de démarrer, elle me disait qu'elle espérait de tout coeur que je rencontre un bel et grand hollandais (ou n'importe quelle nationalité, elle n'était pas sectaire). Ensuite elle m'écrivait qu'il fallait que je garde le moral, qu'il était là de toute façon, qu'elle aimerait bien me dire où mais qu'elle ne savait pas non plus et que cela la saoulait d'ailleurs! Dans ses pires moments de détresse, elle restait généreuse et altruiste. 
Elle a eu son premier cancer, une tumeur au sein, il y a 8 ans, elle lui a rapidement botté les fesses et est retournée à sa vie d'avant. Son deuxième cancer, une tumeur dans le haut du bras, a démarré lorsqu'elle était enceinte il y a 5 ans. Elle a réussi à supporter la radiothérapie et aller au bout de sa grossesse et son bébé est né en parfaite santé. Mais le même cancer est revenu à la charge quelques temps après et elle a du sacrifier son bras. Après avoir son amputation, elle continuait à sourire et à virevolter et on avait l'impression qu'elle cachait son bras gauche derrière son dos pour faire une farce. 
Elle avait aussi la plus belle voix du monde, bien placée, claire et sereine avec une petite nuance moqueuse. Elle avait d'ailleurs commencé des cours de chant en octobre, malgrè la tumeur dans son poumon, son 3ème cancer, "même pas peur" comme elle disait.
Elle était ultra féminine et se maquillait tous les jours, même quand elle était affaiblie par la chimio, même avec un bras en moins. Elle ne voulait pas être considérée comme une malade et que les gens aient pitié d'elle. Elle aimait tellement la vie. Elle profitait de ses insomnies pour savourer la tranquilité des nuits et pour écrire à son fils pour plus tard. 
Elle avait inventé un jeu, il fallait trouver des noms défoulatoires, improbables, vulgaires pour parler de sa tumeur au poumon, celle qui lui faisait respirer si difficilement et ne lui permettait plus de vivre une vie normale, mais à ce jeu-là, je n'ai jamais réussi à jouer.



Florence est tout à gauche, elle regarde sereinement la personne qui prend la photo. Je suis à côté d'elle et ensuite il y a une autre de mes cousines et ma soeur. Nous sommes dans le jardin de nos grands-parents assises sur le bureau que mes parents venaient d'acheter pour ma soeur et moi.
Les moments heureux de notre vie sont là pour nous aider à surmonter les moments douloureux.

AB


lundi 18 avril 2016

Horoscope – Semaine du 17 au 24 avril 2016
un seul de ces horoscopes est vrai, sauras-tu le reconnaître?

Et une spéciale dédicace à Elise, nouveau membre de mon fan-club qui compte maintenant 3 personnes dont ma mère et le chien de ma sœur. Elise, ce post est pour toi.



Bélier :
Obsédé par la réussite et l’idée de briller en société, vous décidez enfin de prendre des cours afin de combler toutes les lacunes accumulées en 41 ans de vie et de néant intellectuel. Grace à l’aide du Cancer, cette enflure qui vous facture quand même 475 euros de l’heure pour financer sa retraite au Pérou, les premiers succès ne tarderont pas à s’enchaîner et cette semaine vous parviendrez à compter jusqu’à 17 et à faire vos lacets en public.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : Tel un François Hollande face à David Pujadas, si on vous ne connaissez pas la réponse à une question, parlez de la COP21

Le conseil people pour bien vivre votre semaine - bis : Vous avez oublié le 12. Et le 7 aussi.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine - ter : Ne cherchez pas vos lacets trop longtemps non plus, vous portez des crocs.

Taureau :
Après une première tentative avortée la semaine dernière, votre saut en parachute est enfin programmé pour ce dimanche. Météo au beau fixe, agréable compagnie, vessie sereine vous permettant de sauter en toute confiance, possibilité d’avoir un grand brun costaud comme instructeur : toutes les conditions seront réunies pour que vous finissiez en crêpe complète après vous être balancée depuis un avion à 3300m d’altitude.

Heureusement pour vous la providence interviendra à temps pour empêcher cette fin romanesque et 24h avant de sauter vous vous exploserez la cheville devant la place de la Bourse sous les yeux effarés de votre prof de gym qui avait pourtant réussi à vous faire faire 241m à pied. Suite à cela vous passerez le début de la semaine à regarder le téléachat.

La semaine prochaine, si vous avez la chance de partir en vacances à bord d’un bateau, chute dans le port et intoxication fulgurante aux moules avariées sont au programme.   

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : plutôt que de pleurnicher sur votre sort, telle l’équipe de France de rugby qui vient de prendre une raclée face aux All Blacks, reprenez de l’Arnica Montana 9 Ch.

Gémeaux :
Ce n’est pas le tout d’être sexy amis Gémeaux, encore faut il utiliser son sex appeal à bon escient. Cette semaine entre la lamentable tentative de séduction de votre osthéopathe pour qu’il vous accorde un rabais sur votre séance hebdomadaire de manipulation des côtes flottantes et le râteau que vous allez prendre auprès de Jacky-Michel, le responsable de l’accueil de la fourrière de Pantin, à qui vous allez proposer un verre pour éviter de payer 360 euros d’amende pour vous être garé dans une station de métro, l’ennui est de mise.

Une bonne nouvelle viendra quand même égayer votre semaine : votre chemise préférée reviendra bien repassée du pressing. En tous cas le bras gauche.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : Tel un Brad Pitt se faisant photographier les cheveux gras et la mine en papier mâché : vous doutez de tout amis Gémeaux et pourtant vous ne devriez pas ! Un petit coup de fer pas trop chaud passé à l’envers du tissu pour ne pas risquer de la brûler et votre chemise sera comme neuve.

Cancer :
Semaine pleine de voyages, de dépaysements et de changements en tous genres pour vous les Cancers. Courses chez Cora le mardi à 15h au lieu du samedi midi, achat d’un coussin repose tête en forme de saucisse en prévision de vos 14h de car à destination de Saint Pée sur Nivelle, arrêt de la vaporette saveur fruits des bois/cassoulet et j’en passe… ces prochains jours vous allez tout simplement casser vos habitudes ! Un vent nouveau, un vent de folie souffle sur votre vie comme jamais, vous vous sentez pousser des ailes et vous voilà à reprendre deux fois du punch coco à la buvette du routier où votre car à fait escale au lieu dit « des illusions perdues ».

La semaine prochaine, retour à la réalité : votre copain se remettra à dépenser tout votre salaire au Loto Foot et la cage de votre canari prendra feu après que vous vous en soyez servie comme d’un cendrier.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : tel un Ayrton Senna qui envoie un texto à l’approche d’une chicane, à un moment donné il faut connaitre ses limites : reprenez la vaporette.

Lion :
Vous trouverez la combinaison gagnante au loto, malheureusement il s’agit des numéros gagnants du 24 mars 1982. Après avoir tenté d’escroquer le Capricorne en lui revendant le ticket pour 12 euros, vous écoperez d’une peine de 28 ans de prison. Bonne nouvelle pour vous qui aimez le Sud, vous serez transféré aux Baumettes où vous passerez la moitié de votre peine à écailler des rascasses auprès de Jean Michel Frapon l’étrangleur de Cassis, et de Jérôme Cahuzac.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : comme vous le dirait Nadine Morano, poissonnière de son état, passez le couteau bien à plat entre la chair et la peau sinon vous allez nous saloper la poiscaille. 
Non mieux que ca.     

Vierge :

Superbe semaine pour faire de nouvelles rencontres gentilles Vierges: vous allez recevoir 2 coups de téléphone.

Le 1er proviendra d’un médium prénommé Rosa Flutio qui vous écoutera déverser tous vos malheurs pour 9,25 euros la minute (et dieu sait si entre votre projet inachevé de reproduction de la canopée des Halles au canevas et le départ en prison de Jean Michel Frapon votre meilleur ami, vous en avez des malheurs).

Le second surviendra mercredi vers 4h du matin. 
Alors que vous vous languissez des conseils de Rosa votre nouvelle meilleure amie qui n’est mystérieusement plus joignable, vous recevrez un coup de fil de la part d’un aimable plaisantin qui vous rappellera 16 fois de suite en criant « salopard-de-franc-macon-y nous-z-a-tué-Ladydi ».

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : telle Lova Moor qui essaye de nous refourguer son appareil d’electro-stimulation à abdos, vous n’êtes pas fait pour les nouvelles technologies. Afin de développer votre réseau amical, investissez plutôt dans les valeurs sures et tentez votre chance au Pôle Emploi.  

Balance :
Votre carrière professionnelle prend un nouveau tournant grâce à une proposition de stage non payée chez Maître Fu. Malheureusement pour vous depuis la sortie d’une crème antio-mycose révolutionnaire, le mannequinat pour maladies vénériennes ne rapporte plus autant que vous l’espériez.

Contrainte par la dure loi du marché à rembourser vos frais de stage à Maître Fu, vous prendrez le nom de Rosa Flutio et vous reconvertissez avec brio dans un domaine vous permettant d’utiliser vos deux principales qualités (la fourberie et l’exploitation des êtres faibles) en montant une activité de voyance par téléphone.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : ne reculez devant rien pour parvenir à vos fins, tel un Jean François Copé déterminant la grille tarifaire de Bygmalion, n’hésitez pas à facturer comme un sagouin.     

Scorpion
Semaine décisive d’un point de vue transit intestinal en ce qui vous concerne les Scorpions, votre entêtement à vouloir finir les restes décongelés de blanquette aux huîtres cuisinée par votre grand mère morte depuis 7 ans aura raison de votre flore gastrique et de votre teint de jouvencelle pour un bon moment. 
Isolé en pleine montagne sans réseau téléphonique, votre dernier ami ayant fui votre compagnie après une partie de Uno qui a brisé votre amitié à tout jamais, il vous faudra avoir recours à l’auto-médication.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : Tel un Christophe Colomb à la recherche des Indes et qui prend pourtant à gauche : ne croyez pas tout ce que l’on vous raconte, une poire à lavement ne s’introduit pas par là.

Sagittaire
Quelqu’un se sert en douce de votre brosse à dent électrique pour nettoyer la plaque du four. J’dis ça, j’dis rien mais si tout le monde au bureau dit dans votre dos que vous avez mauvaise haleine, ce n’est peut être pas uniquement en raison de votre amour immodéré de la confiture aux croûtes de chaource au petit déjeuner.

Si vous ne parvenez pas à trouver qui met en péril votre hygiène bucco dentaire, pour le bien de vos relations professionnelles pensez au moins à vous laver les pieds de temps en temps.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : tel Julien Lepers qui apprend qu’il est sur le point de se faire virer de Questions pour un Champion, ne subissez pas l’isolement forcé : embrassez votre destin de paria.      

Capricorne :
Galvanisé par l’achat d’un ticket gagnant du loto auprès du Lion, vous vous lancerez dans une myriade de projets tous plus idiots les uns que les autres. Achat d’un duplex à Molenbeek, prise de participation au capital d’AREVA, acquisition d’un combi-Volkswagen non polluant, vous enchaînerez les emplettes malheureuses dans le seul espoir d’en mettre plein la vue à un Verseau qui acceptera de coucher avec vous uniquement pour l’argent.

Suite à la perte de vos gains, le Verseau qui est une pourriture vous quittera pour Jean Michel Frapon l’étrangleur de Cassis, un vrai bonhomme lui.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine :telle Myriam El Khomri en ballade dominicale place de la République, ayez foi en l’humanité, l’amour non tarifé est possible, même dans votre cas.  

Verseau
Nonobstant sa condamnation à perpétuité accompagné d’une peine de sûreté de 22 ans, votre idylle avec Jean Michel Frapon l’étrangleur de Cassis, démarrera sur les chapeaux de roues. Permission de visite tous les 5 mois, mains baladeuses au parloir et témoignage vedette lors de l’enregistrement du « Faites Entrer l’Accusé » consacré à votre chéri, vous vivez un rêve éveillé. Et ce n’est pas le souvenir de votre dernier amant, cette mauviette de Capricorne contraint aujourd’hui à dormir dans son combi-Volkswagen bon pour la décharge qui vous fera regretter ce nouveau cap dans votre vie sentimentale.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : telle une Mariah Carey essayant de faire rentrer ses cuissots dans un slim taille 46 vous refusez de regarder la réalité en face. A votre âge ceci dit, c’est peut être mieux.   

Poisson
Bonne nouvelle ami Poisson, vous allez enfin perdre votre pucelage !
Mauvaise nouvelle ce sera avec Jean Michel Frapon, l’étrangleur de Cassis avec qui vous passerez les 3h les plus longues de votre vie, et ce, dès vendredi prochain.

Le conseil people pour bien vivre votre semaine : La prochaine fois que vous rendrez visite en prison à votre ancien curé de famille, tel Franck Ribery à une épreuve du BEPC : pensez à bien orthographier votre nom et prénom en haut de la feuille d’admission que l’on vous demandera de remplir. On ne sait jamais, ça peut faire toute la différence.   



jeudi 3 mars 2016

Ségolène, Angela, Hillary…

Pourquoi les femmes sont-elles désignées par leur seul prénom contrairement aux hommes qui ont le droit à un nom de famille?

J’observe que c’est le cas en politique.
Mais c’est aussi le cas dans mon travail.

Est-ce parce que les femmes sont tellement rares que leur seul prénom suffit à les identifier ? Combien de Nicolas, François, Patrick… ?

Est-ce parce que le nom de famille de ces femmes est le nom de leur père ou de leur époux-se ?! Notez que le nom de famille des hommes est le nom de leur père aussi et qu’une femme n’est pas obligée de porter le nom de son époux ou épouse, sauf à la Sécu et à la banque (je dénonce ici le LCL).

Est-ce parce qu’une femme est supposée être quelqu’un de plus familier, de plus enfantin, de plus mignon, de plus proche, de plus sensible, de plus abordable, de plus humain… ? Comme le pape ?!


Une anecdote : ma rencontre avec une grande artiste dont j’admire le travail. Je me présente à elle en lui donnant mon seul prénom. Elle me répond : « Et votre nom de famille ? Je ne suis pas votre mère ! » En effet, charité bien ordonnée commence par soi-même.

mercredi 2 mars 2016

16 ans après

1999 : un « serious game » de l’Armée
  • Moi, jeune appelée de 20 ans
  • Un treillis kaki et des rangers
  • Sur une base militaire avec 296 hommes et 4 femmes pendant 2 semaines
  • Des dortoirs sans rideaux, des sanitaires mixtes sans portes
  • Résultat : l’impression d’être une femme faible, une proie, une anomalie

2015 : une visite de site industriel
  •         Moi, professionnelle de 37 ans
  •          Un bleu de travail orange et des chaussures de sécurité
  •          Sur  une plateforme en mer avec 237 hommes et 3 femmes pendant 1 jour
  •          Des cabines pour 2 pour les hommes, des cabines individuelles pour les femmes y compris avec des sanitaires
  •         Résultat : l’impression d’être respectée, légitime


Que s’est-il passé ? J’ai pris 16 ans, j’ai pris 16 kilos, j’ai pris du galon, j’ai survécu à 1999, je me suis maquée, je ne suis restée qu’1 jour en mer et pas 4 semaines, l’Armée est plus misogyne que l’industrie pétrolière …  ?

dimanche 28 février 2016

Je ne suis pas une psychopathe, mais je me soigne

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi il y a massage et massage (et je parle de trucs soft sans happy ending et sans verre de lait chaud, mais de la version spa avec des bougies et de la musique zen). En fait moi j'en identifie 3 sortes : 
- les papouilles mignonettes qui au pire chatouillent un peu, au mieux te font dire qu'au lieu de payer 90 euros l'heure tu pourrais filer 5 euros à tes neveux pour te faire des gratouilles dans le dos
- les massages musclés et musculaires qui me font regretter d'avoir des mollets pendant la moitié du massage 
- et il y a les massages nirvanesques profonds mais pas douloureux, reboostant et relaxant en même temps ... 

... et bien sûr le dernier type est le saint Graal, celui que tu cherches depuis le début de ta vie de massée, tu suis sa trace, tu t'approches, tu l'atteint et là ... tu le perds. J'avais trouvé une masseuse aux mains de fée il y a quelques années qui est allée se compromettre dans un salon au fin fond de la banlieue (il y avait le RER D, c'est dire) et donc retour à la case départ comme un Monthy Python devant un chevalier qui dit Ni
.

Heureusement Pecs Citron m'a un jour mis sur une piste d'un super salon de massage (c'était un peu mon wooden rabbit en somme) : le salon simple, clean mais rudement pointu et, point non négligeable, avec des masseurs et pas que des masseuses. Et moi j'aime me faire masser par un homme (et je parle que des massages avec happy ending) parce qu'ils ont des plus grandes mains et font des massages plus appuyés. Donc bien sûr je me suis mise à fréquenter ce salon, à me faire masser par différents masseurs tous plutôt bons, jusqu'à ce que je tombe sur Julien. Et là c'était juste le meilleur massage ever ! Il sait où tu as mal, il ne fait jamais mal même quand mes mollets sont en acier trempé et même quand j'en ai besoin, il finit par un petit soin énergétique qui rebooste (et non je ne parle toujours pas de happy ending ou de verre de lait chaud).

Bref j'avais trouvé le Graal ! 


Ce soir, je voulais me réserver un petit massage. Ca fait depuis cet été que j'en n'ai pas fait, je suis donc impatiente de retrouver les mains de Julien. Donc j'appelle le salon pour réserver et là ... 
... HORREUR, la fille de l'accueil m'informe que Julien ne bosse plus au salon, et non elle ne sait pas où je peux le joindre (ben oui j'ai essayé). Totalement dévastée, j'ai réussi à refuser un rendez vous avec un autre masseur, qui n'aurait été que décevant. J'étais prête à me prostrée (ou à préparer de la pâte à cookie pour noyer mon désespoir dans le sucre et le gras) quand je me suis dis que mes années d'expérience d'espionnage ou stalking en tout genre de clients / target / ex / futur-ex / ex-futur-ex sur internet allaient peut être en fin payer : j'ai ouvert Google. 

Autant vous dire que des Julien qui font des massages à Paris ne sont pas une espèce en voie de disparition ... et que contrairement aux jeunes loups à dents longues de la Défense, les masseurs ne se jettent pas sur linkedin et viadeo pour signaler les salons dans lesquels ils exercent. Après 1/2h de recherche infructueuse (mais instructive sur la mode capillaire de masseurs parisiens et autres naturopathes) je ne faisais pas la fière et je me voyais déjà mobiliser la table ronde pour relancer la quête du sacré Graal ...  

Mais j'ai tenu bon, j'ai cherché les mots clés les plus farfelus dans le fin fond de mon cerveau de psychopathe googlesque ET JE L'AI RETROUVE !!!! 

Avec tout ça il était 22h un dimanche soir, donc je n'ai pas poussé le bouchon jusqu'à appeler, j'ai juste laissé un SMS digne d'un camé qui voudrait sa dose pour avoir un RDV. Affaire à suivre donc ... 


Allez, je suis sympa, pour ceux qui auraient envie d'essayer les meilleurs massages du monde ever, ça se passe là :http://massageforme-julien.com/

vendredi 18 septembre 2015

Bref je me suis retrouvée à poil dans les chiottes pour hommes de la gare du nord

Il m’est arrivé pas mal de choses drôles ou bizarres dans ma vie (dont une partie a été racontée sur ce blog ou le précédent), mais là j’avoue que je me suis surpassée. Pour tout vous dire, j’ai même un peu peur d’avoir atteint l’apogée et de ne pas avoir d’autres histoires aussi folles à vous raconter jamais (et là ClavMed est tombée dans le port et je me dis que non, en fait nous sommes une source inépuisable d’histoires totalement improbables et que même si la fréquence des posts diminuent nous auront toujours des événements croustillants à nous mettre sous le clavier). Donc je me lance. 


Je vous place le décor : un matin pourri comme on les aime, réveil à 6h pour aller choper un train à 7h46 gare du Nord, objectif réunion de travail avec la DG de mon nouveau client (si vous pensez déjà que ma vie au boulot vend du rêve, attendez d’avoir la suite …). 

Comme ces matins là en ce moment je les enchaîne (aahh l’avion de 6h du mat et son pote de 22h), j’enchaîne aussi les taxis racistes, misogynes, aigris, violents et apparemment ravis de pouvoir déverser leur fiel dans mes oreilles avant que la première goutte de café soit arrivée dans mon sang. (je précise que cette histoire se passe en période pré-prise de conscience que über va tous nous tuer de mai dernier et que depuis la plupart des taxis essaient que ton expérience client ne soit pas limitée à l’envie de te percer les tympans). Bref je décide, soyons fous, de prendre le métro, la gare du nord étant direct depuis chez moi, ça me permet d’écouter une petite musique douce et pas RMC à fond la caisse.

Munie de ma petite robe, ma veste de consultante et de mon ordi, je monte dans le métro au moment où les portes se ferment (yesss !) et je m’assoie (m’écroule) sur le strapontin. 

… et là je sens un truc chaud et humide … 

Je me lève, ma robe trempée vient se coller sur l’arrière de mes cuisses (beurk), je regarde sur quoi j’ai bien pu m’asseoir bordel de merde et c’est là que j’ai le bonheur de découvrir que c’est DANS UNE MARE de SANG (au secours !).

Quand mon cerveau se remette à fonctionner après 2 minutes de bug, je procède à une rapide analyse : 
  • Ma robe imprimée noir sur fond blanc ne laisse aucun doute sur le fait que j’ai le cul plein de sang (et quand je dis plein je parle d’une tâche de 50 cm de diamètre qui coule encore un peu), ce qui est 
    1. Répugnant (surtout quand c’est celui de quelqu’un d’autre)
    2. Très classe en suggérant plus un débordement quasi biblique de tampon qu’une étourderie de métro
  • A 2 stations de chez moi, si je rentre me changer, je rate mon train et mon RDV client 
  •  « Monsieur ne vous asseyez pas là, c’est plein de sang » (remarque généreuse, même si suivi d’un regard suspicieux de l’ensemble de la rame
  • Il est beaucoup trop tôt pour penser acheter une robe à gare du Nord ou à Lille en arrivant 
Résultat de cet effort matinal du neurone : j’ai 10 min à la gare pour tenter un nettoyage de fortune dans le chiottes

(Pour le paragraphe suivant, lancer la musique de mission impossible dans votre deezer mental, ou ici pour les moins imaginatifs d’entre vous)
Arrivée gare du nord, je localise les toilettes publiques, trouve les 50 centimes nécessaires pour passer l’obstacle de la dame pipi, comprends que les lavabos des toilettes pour femme n’ont pas de portes et donnent directement sur le hall de la gare, négocie avec la dame pipi pour aller dans les toilettes pour hommes (vides) au fond du couloir, enlève ma robe, la lave à grandes eaux, remercie la dame pipi qui a réussi à détourner le clodo qui ne voulait pas aller dans les toilettes pour faire ses besoins, remets ma robe trempée mais à peu près propre, chope mon train. 
(fin de la musique) 

Ce qu’il y a de pire dans cette histoire, c’est d’imaginer d’où pouvait bien venir tout ce sang (ce sentiment d’être entrée dans un épisode des experts à place d’Italie) et donc vous ne m’en voudrez pas, mais j’ai préféré m’en abstenir …

mardi 15 septembre 2015

Il est plus facile de faire sortir le dentifrice du tube que de l'y faire rentrer

J'aime pas la rentrée scolaire*, j'ai jamais vraiment aimé d'ailleurs. Ça me pourrit tous mes débuts septembre depuis plus de 30 ans maintenant ! Voire plus. Dès fin août, ça commence à puer les fournitures scolaires dans les magasins et sur France Inter. Les medias aiment beaucoup la rentrée, ça fait du sujet facile, avec des mômes et des parents qui pleurent, c'est même une tellement bonne planche d'appel pour eux qu'ils l'ont déclinée à toutes les sauces : la rentrée sociale, la rentrée littéraire, la rentrée politique ... Ça serait bien la rentrée de la connerie aussi, mais elle est jamais vraiment sortie ! 


Si la rentrée scolaire est aussi exploitée, faut dire aussi, que c'est sans doute une des rares expressions qui fait remonter une émotion aussi forte dans toute la population. Forte parce qu'enfantine. Forte, parce que c'est la 2e rupture de la vie : ça faisait 3 ans que tu t'étais fait à ne plus nager pépère dans l'utérus douillet de ta maman, tu avais finis par te dire qu'être poupouner par les adultes, jouer tout ton saoul, c'était pas si mal et BAM on te balance dans le monde des enfants. C'est fini, tu seras plus un bébé, mais un adulte en devenir, avec des devoirs et bientôt des responsabilités .. Tout ça dans un endroit mystérieux : l'Ecole. L'endroit dont tout le monde te parle comme quelque chose de merveilleux (y aura pleins d'autres enfants, des jouets, une gentille maîtresse ...) et terrifiants (y aura pleins d'autres enfants, des des règles à respecter, une maitresse chelou, un bizutage ...). 

Et pourtant, ce qui est bizarre, fascinant, stressant avec la rentrée, c'est qu'au final, c'est jamais comme on l'avait imaginée.
Souvent ça se passe bien, d'ailleurs. Moins flippant que ce que tu pensais. La maîtresse chante de jolies chansons. Y a un zèbre pour marquer l'endroit où tu accroches ton manteau. Les autres ils connaissent personne non plus. Y a même moyen de te faire des supers potes même en étant attachée à une grille du château de Versailles couverte de mousse à raser (histoire vraie).

Mais j'ai beau grandir, la ritournelle médiatique de la rentrée des classes, ça me fout le bourdon. J'ai l'impression que ça fout une sale ambiance globale. Même quand t'es rentrée de vacances depuis perpète, c'est en septembre qu'ils recommencent à te faire chier au boulot, avec des forecasts, construction budgétaire et autre "on donne un coup de collier pour atteindre celui de cette année, de budget". 

Du coup, cette année, j'ai décidé de me lancer dans une catharsis de la rentrée des classes ... en annonçant ma volonté de quitter l'école ! Du coup, je cherche un autre job qui me donnerait envie de me lever le matin pour une rentrée en milieu d'année, toutes les idées sont les bienvenues, à votre bon cœur messieurs-dames ! 

*Oui, je sais ce post a 15 jours de retard, désolée

dimanche 23 août 2015

Enfin bref, je suis tombée dans le port

Il y a des jours où je m’étonne moi-même, et dans ces cas là c’est rarement dans le bon sens.

Imaginez un petit port de plaisance de la côté Oléronaise, un soir d’été, quelques étoiles qui décorent la voute céleste, le clapotis des vagues qui murmurent contre les coques de voiliers et une douce brise qui vous enveloppe comme un duvet moelleux, toute prête que vous êtes à aller rejoindre Morphée après une belle journée en mer.
Ca c’est pour le côté poétique de ce post, je ferais moins ma maligne après.

Imaginez encore cette belle journée en mer. J+3 de votre stage sous la coupe d’un skipper qui répond à tous les clichés d’un téléfilm du jeudi soir sur M6 soit : buriné, bourru, solitaire, un peu vieux garçon, un vieux garçon peu prompt au compliment. Capitaine Igloo vous en a pourtant gratifié d’un –de compliment– et ce, pas plus tard que l’après-midi même, compliment aussi inattendu que valorisant car il ne visait pas à qualifier la manière dont votre short Décathlon en synthétique déperlant rehausse avantageusement votre énorme popotin mais bien celle dont vous avez réalisé avec brio l’amarrage de son voilier.

Un « Bon j’le dis pas souvent ... mais bon... vous vous débrouillez pas trop mal, ca va » qui vaut toutes les mains au cul du monde par Javier Bardem c’est moi qui vous le dit (Capitaine Crochet lui en revanche garde ses mains dans ses poches il est gentil merci).

Cette journée avait donc été magnifique : du soleil, un peu de vent pour gonfler les voiles, une partie de toboggan aquatique au moment de barrer sous spi (oui je fais encore ma connasse, vous inquiétez pas, ca va pas durer) et le plus beau nœud de taquet que vous ayez jamais réalisé, réalisé justement lors de l’amarrage. La journée parfaite donc (Javier Bardem en moins) et qui ne pouvait que se clôturer par une soirée parfaite.

Et à 22h27 c’était bien parti pour (oui 22h27, ca va le vent ca crève et vous êtes gentils j’ai plus 19 ans) : dents brossées, pipi réglementaire évacué, Biafine consciencieusement appliqué sur un visage quand même bien rougeau, la botte de paille sur le somment de mon crâne enfin démêlée, l’esprit insouciant et légèrement guillerette après cette splendide journée de navigation, ne me restait plus qu’à remonter sur le bateau pour aller bouquiner. En plus j’étais tranquille, les autres étaient tous partis s’encanailler au bar (ou s’envoyer en l’air dans les marais salants allez savoir), le bateau était donc tout à moi.

La trousse de toilette sous le bras, l’Iphone encore bouillant des SMS que j’avais enfin réussi à envoyer dans la main, je cheminais gaiement seule sur le ponton, sotte que j'étais. Tiens voilà le bateau, tralala encore 10m sur le ponton, encore 5 et je tourne sur le catway, je tourne sur le catway, encore 2m, encore oh meeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee………rde !!!

Me voilà à la flotte.

Que s’était-il passé ? Sûrement une histoire de distance mal évaluée, de rétrécissement du ponton mal considéré, de catway pas éclairé putain c’est pas possible d’être aussi imprévoyant, trou noir, attaque de Daesh, ou intervention des martiens peu importait, honnêtement à ce moment-là la seule chose à laquelle j’ai pensé c’est « ok donc là je suis à l’eau ».

A l’eau et toute seule.

Réfléchis, réfléchis, réfléchis.

A cet instant mon ange gardien qui était parti se faire un sandwich a eu la bonne idée de repasser. Merde mais qu’est ce qu’elle trafique encore celle-là? C’est pas vrai je peux pas aller bouffer deux secondes sans qu’elle se ramasse quelque part. Et il s’est mis à réfléchir avec moi.

Regarde. Ponton. A ta gauche. Gauche. Non l’autre Gauche. Ok pose-ton-téléphone-et-ta-trousse-de-toilette-dessus. Mon ange gardien n’a pas vraiment le sens du timing mais il est pragmatique quand il le faut.

Ça s’était fait. Bon que fait ta main droite maintenant ? Ah, elle est agrippée à l’amarre du bateau du voisin. Bien c’est sans doute pour ça que tu n’as pas basculé la tête la première dans l’eau croupie. Ok. Mon ange gardien a posé son panini quatre fromages et m’a aidé à récapituler. Donc te voilà 1) en pyjama, 2) suspendue comme un saucisson à l’amarre du bateau du voisin, 3) le corps dans de la flotte dégueulasse. Bien.


Mon ange gardien s’est gratté la tête et s’est concentré. Ok mets tes pieds sur le ponton pour voir. Fait. Qu’est ce que ça donne ? Pieds sur le ponton + bras accrochés à l’amarre => cul toujours dans la flotte. Non ça n’allait pas.

Réfléchis, réfléchis. Après avoir pris un peu de recul pour mieux évaluer la situation, mon ange gardien qui est un peu salaud parfois a fait la grimace en estimant à -58 mes chances de parvenir à faire un rétablissement comme dans les films avec Tom Cruise grâce à mes abdos en mousse. Faut trouver autre chose. Réfléchis, réfléchis, réfléchis.

Ok. Je sais, le bateau se rapproche du ponton 2m plus loin, vas-y fais la tyrolienne. 
Cette fois-ci, c’est moi qui ait fait la grimace. Oui je sais a rétorqué mon ange gardien, si quelqu’un te choppe à faire le cochon-pendu au beau milieu de la nuit sur l’amarre d’un bateau au milieu du port, ta dignité ne s’en remettra jamais c’est sur, mais tu ne vas pas non plus passer la nuit à pendouiller comme un string abandonné sur une corde à linge, là faut y aller. Aller vas-y ! Aller, une main en avant, et puis l’autre encore encore encore, haut-hisse la saucisse, a crié mon ange gardien, haut-hisse, pose tes pieds sur ce foutu ponton, soulève tes grosses fesses et …….saute!

Ca y est !

Et j’y étais. Debout sur le ponton, haletante, le pyjama collé à mes cuisses ruisselant des litres d’eau sale, mes chaussures bonnes à jeter, des dizaines de bleus qui commençaient à gentiment moutonner sous ma peau, et un fou rire qui montait, qui montait.

C’est à ce moment-là que le propriétaire du bateau voisin, sans doute alerté par le bruit de baleine échouée que j'avais fait en me fracassant contre la coque de son voilier a fait son apparition. 

Complètement affolé. « J’ai entendu un grand bruit ça va ? »

Moi, l’air hagard  « Absolument oui merci »

« Euh, mais qu’est ce qui s’est passé ? »

« Ah ça », regard vers mon pantalon dégoulinant. « Ben… ben alors en fait rien, c’est juste euh.. enfin j’ai fait tomber ma trousse de toilette à l’eau »

A cet instant mon ange gardien a décidé que je n’avais qu’à me démerder avec mes explications pourries, que si c’était pour en arriver là il n’aurait même pas du se déranger et il est parti se faire un loto.

Le voisin a regardé mon pantalon dégoulinant, puis ma trousse de toilette parfaitement sèche et il a dit « Ah bon ? »

J’ai relevé la tête « Oui c’était ça le bruit »

Tout en hochant la tête, le voisin a re-dit « ah bon ? » 

Ben non ducon tu vois bien que je suis tombée à l’eau !

Aussi impassible que la Reine d’Angleterre qui viendrait de trouver un nudiste dans sa cuisine j’ai pourtant confirmé : « Oui et du coup, enfin … du coup j’ai du aller dans l’eau pour la récupérer ».

Voilà.

Le voisin a écarquillé les yeux et n’a plus rien dit. Royale je lui ai souris, ai effectué un gracieux demi-tour et lui ai souhaité une bonne soirée avant de regagner mon bateau comme si de rien n’était. J’ai même réussi à résister à l’idée de me retourner pour le regarder, certaine qu’il était en train d’appeler Sainte Anne ou Cyril Hanouna pour me faire passer dans le grand bêtisier de l'été.

Une fois sur le pont, j’ai prié mon ange gardien de revenir deux minutes pour faire le guet, puis très tranquillement je me suis mise en culotte, très élégamment j’ai essoré mes vêtements qui sentaient le mazout (et sans doute aussi un peu la pisse) et avant que le fou rire ne me fasse définitivement perdre tout contrôle, d’un pas digne et assuré je suis rentrée en slip dans ma cabine.

Comme une princesse.


Enfin bref : je suis tombée dans le port.